Marie Voignier et Guy de Malherbe

Marie Voignier et Guy de Malherbe

Pour sa rentrée, le Centre d’art contemporain de Paillard nous offre encore plus de matière à réflexion, avec, entre autres, un sujet qui « colle » à l’actualité, la Corée du Nord. Il est vrai que celle-ci peut être considérée comme un exemple extrême de ce qui se passe dans bien d’autres pays. Le titre de l’exposition est éloquent : « Contre-danger » ! Le mot s’applique à toutes les formes que peut prendre une parade ou une protection contre les attaques de toutes sortes, quel qu’en soit leur responsable (groupe ou personne isolée). Certaines œuvres, certaines images ou certains textes peuvent donc revêtir ce caractère défensif dans la mesure où leur auteur leur attribue un pouvoir en lequel il croit fermement.

Marie Voignier, une réalisatrice française dont les films font partie des collections du Fonds national d’art contemporain, a donc mené une recherche sur la fabrication et le circulation des  images en Corée du Nord, spécialement sur celles présentées aux visiteurs étrangers. Le film intitulé « Tourisme international » s’interroge donc sur la manière dont une dictature se donne à voir à ceux qui se rendent dans le pays, et essaie de les séduire.

Les techniques éprouvées font appel aux images racontant la vie d’un héros devenu mythique à celles, recréées, d’une guerre fondatrice à celles de manifestations grandioses montrant l’attachement du peuple à l’égard de son dirigeant suprême, à celles d’artistes dont la reconnaissance est à la mesure de leur privation de liberté créatrice, enfin à celles de statistiques en hausse impressionnante… Le « contre danger », ce n’est pas ce qui est montré, sauf si l’on considère que c’est la façon dont le pouvoir se protège lui-même, mais le regard porté sur lui, regard qu’aucun son, aucune parole ne vient dévier.

Après la grisaille (pénurie et froideur), l’exubérance. L’une des dernières œuvres de l’artiste présente une série d’interrogations sur le paysage et le passé colonial du Cameroun, histoire complexe illustrée par la photo d’un pont métallique qui a subi l’épreuve du temps construit par les premiers colonisateurs, les Allemands, probablement vers 1900 (avant le partage entre la France et la Grande-Bretagne à partir de 1916), ce pont permet à une piste couverte de latérite rouge, reliant deux villes au sud-est de franchir un cours d’eau encadré par une végétation luxuriante.

Est-ce dans le lit de cette même rivière que deux chercheurs d’or prospectent  des pépites en abattant tous les branchages qui les gênent ? Il n’y a aucun doute que l’homme puisse venir à bout de cette végétation par suite de l’exploitation intensive des ressources financières et minérales ! Le danger n’est sans doute pas aussi visible que dans le cas précédent mais il n’en existe pas moins.

« Contre danger » aux Moulins de Paillard jusqu’au 12 novembre 2017.

www.moulinspaillard.com; T.02 43 44 52 65 et 06 42 63 02 70

                                                                              Xavier Campion

#MoulinsdePaillard #MarieVoignier

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