Le Bulletin de la Société archéologique, 2017

Le Bulletin de la Société archéologique, 2017

Ornée de deux superbes clichés photographiques, l’un de la tour de Poitiers appartenant au château de Vendôme sur la première de couverture, l’autre du prieuré de Croixval sur la quatrième, en quelque sorte l’épée d’un côté et la plume de l’autre, la dernière livraison du Bulletin de la Société archéologique du Vendômois est parue au début de ce printemps. Compte-tenu des aléas d’une remise et du délai nécessaire pour jeter, ne serait-ce qu’un coup d’œil sur ce Bulletin, l’été est vite arrivé.

Dans un contenu très riche, le lecteur pourra d’abord faire son profit du travail consacré aux « Forteresses médiévales en Vendômois » par Claude Leymarios, qui vient compléter la synthèse publiée sous le même titre, en septembre 2007, dans la collection des « Documents » du Centre départemental du patrimoine et de l’archéologie (CDPA). L’auteur donne une présentation rapide de l’histoire des connaissances dans ce domaine, du XIXème siècle ( de Passac, de Pétigny, et surtout de Salies) à nos jours (Claude Leymarios lui-même, Daniel Schweitz…) ainsi qu’un bilan de la situation dans le Loir-et-Cher.

Le château de Vendôme représente un cas particulier auquel s’est intéressé Gaël Simon. Sans faire oublier la contribution historique apportée avec persévérance par Jean-Claude Pasquier (« Le Château de Vendôme, une histoire douce-amère » ), l’auteur s’efforce de définir les termes d’une réflexion plus large ( sur le site, son aménagement, les acteurs) en proposant des hypothèses stimulantes qui s’étendent du haut moyen âge à la fin du XVIIème ; celles-ci appellent évidemment des vérifications sur le terrain.

Du château, il est facile de passer à César de Vendôme, fils bâtard d’Henri IV, l’un des personnages les plus considérables de l’histoire locale, le dernier duc à s’être intéressé au château qui lui servit occasionnellement de résidence et à y mener une campagne de grands travaux de modernisation à partir de 1620 ; l’on aboutit aux relations entre César et son second fils, le duc de Beaufort, qui suivit à contretemps l’exemple de son père avant de lui succéder dans sa charge de surintendant de la navigation et de disparaitre lors du siège du port crétois de Candie, en 1669.

Cette étude est signée par Jean-Jacques Renault, auteur et conférencier apprécié, qui vient de livrer une biographie de César (compte-rendu in fine de Jean Vassort) qui fait suite à un ouvrage tout différent, une « Histoire de Varennes », annonçant lui-même une série d’études sur les moulins du lieu dont la première figure également dans le BSAV.

Le Vendômois n’a pas été avare en héros ; on en retrouve un dans le trio Rochambeau-La Fayette–Washington, trois acteurs de la guerre de l’Indépendance américaine auxquels Catherine et Gérard Ermisse ainsi que Nathalie de Gouberville consacrent un travail qui retrace leur parcours et leurs rencontres dans le Nouveau Monde. Dans cette confrontation, c’est indubitablement Rochambeau, plus aguerri, qui ramasse les lauriers face aux deux autres plutôt avides de popularité (sans parler de la façon peu glorieuse dont Washington avait commencé sa carrière !)

Etant donnée l’importance historique et patrimoniale de l’abbaye de la Trinité, il apparait normal qu’elle ait mérité deux articles sur l’architecture de son église.

Dans l’un, l’abbé François Brossier nous élève jusqu’aux clés de voûte historiées de l’édifice qui passent généralement inaperçues en raison de leur emplacement et nous fait voir les scènes de l’ancien Testament qui décorent le transept nord et les représentations de Jésus, de la Vierge et des évangélistes qui ornent le transept sud.

Période charnière, la Renaissance a laissé également son empreinte sur l’architecture de l’abbatiale. Arthur Boyer reconstitue l’œuvre, en grande partie disparue, de Louis de Crevant et de ses successeurs de 1508 à 1548 : le jubé, la clôture du sanctuaire, le tombeau de Louis de Crevant et les chapelles.

Ni le bas Vendômois, ni son enfant le plus illustre, Ronsard, n’ont été oubliés.

D’une part, Frank Lestringant a étudié l’ardeur et la rondeur de Ronsard, poète des Amours, en tirant une conclusion on ne peut plus symbolique, inspirée par le sonnet de l’œuf (Sonnet à diverses personnes, LVII), corps auquel sa rotondité assure la perfection.

D’autre part, on doit à Jean-Jacques Loisel - nul ne peut s’en étonner- un article sur « Croixval : Ronsard en son intimité », titre qui le résume parfaitement : le refuge préféré du poète, à peu près inaccessible aujourd’hui, d’un côté, les derniers feux de l’amour, celui-ci étant relayé par celui de la nature avant le grand voyage.

                                                    Xavier Campion

#SociétéArchéologiqueduVendômois #Bulletin2017

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