En ce bel été parisien, le musée d’Orsay met en lumière une facette peu connue de Cézanne. Le peintre, célèbre pour avoir réalisé de nombreux paysages dont la montagne Sainte-Victoire, se révèle aussi l’artiste aux 200 portraits. Une belle rétrospective.

Dès la première salle, le public découvre une représentation fabuleuse de son père, Louis-Auguste Cézanne, lisant un journal. Le temps semble s’être figé. J’avance vers d’autres œuvres. Paul Cézanne a également peint sa sœur, Marie, dont la présence est incroyable. La jeune femme aux traits fins et réguliers me fait penser aux personnages des romans de Zola. Belle alliance entre art et littérature.

La grande particularité de Cézanne est celle de « croquer » tout le monde. Des artistes, des paysans, des anonymes et lui-même.

Très inspiré par sa famille, le peintre donne vie à une série de tableaux consacrés à son oncle, Dominique Aubert. Il emploie là une technique picturale qui vise à épaissir les traits des visages comme pour les rendre plus durs voire plus méchants. Pour obtenir un tel résultat, Cézanne utilise un couteau à palette. Plusieurs couches de peinture sont nécessaires afin que l’effet soit saisissant. Très décriée en son temps, cette nouvelle forme d’expression est appelée « couillarde ». Criarde. Ces œuvres-ci semblent fragiles, fissurées. Le charme n’en est que plus grand !

On classe souvent Cézanne comme étant un des plus prestigieux peintres impressionnistes. En réalité, il est au-delà de l’impressionnisme. Les couleurs qu’il invente sont plus que vives, elles sont flamboyantes. Elles racontent une histoire, des douleurs, un passé mouvementé. Âme d’artiste.

En 1869, Paul Cézanne fait une rencontre déterminante, celle de sa future épouse, Hortense Fiquet. Elle devient sa muse. L’objet de la plupart de ses tableaux. Cependant, elle semble ailleurs, délaissée, triste. Cézanne ne cache rien. Il raconte avec ses pinceaux l’histoire compliquée d’un couple. Le public ressent cela. Hortense pourrait être une héroïne de roman. Elle est celle de son existence. Ils auront ensemble un fils, Paul.

Paul père peint Paul fils. Le visage de l’innocence, le visage blanc de l’enfance, la pureté réelle.

Un autre élément m’a marqué. Lorsque nous observons les toiles de Cézanne, les visages sont parfaitement accordés avec le fond. Les personnages sont mêlés au décor comme s’il n’y avait pas de frontières. Les exemples les plus frappants sont La femme à la cafetière (vers 1895) ou encore La vieille au chapelet (1895-1896).

Cézanne rend également hommage à de nombreux amis dont Ambroise Vollard. Marchand d’art, il gère les œuvres de Cézanne d’une main de maître.

La fin de l’exposition est dédiée au jardinier Vallier. Cézanne lui consacre ses dernières toiles, colorées puis sombres, avant de disparaître en 1906. Au pays du soleil, certainement.

                                                                                    Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Portraits de Cézanne jusqu’au 24 septembre au musée d’Orsay.

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