Sabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneurSabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneur
Sabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneurSabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneurSabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneur

Sabine de Freitas; fresque sur le mur sud; les officiers du régiment; mur ouest; mur sud où apparaît une légion d'honneur

Nul ne peut ignorer les rapports qui, de tout temps, ont associé l’art, en particulier la peinture et la sculpture, et la chose militaire, depuis les Chinois  et leur armée de terre cuite jusqu’aux héros de l’épopée napoléonienne, sans oublier les diverses représentations d’hoplites grecs ou de légionnaires romains etc. Bonnes filles, nos Républiques ont suivi la monarchie et se sont attaché les services de peintres officiels des armées.

Contrairement donc à ce qu’une vision trop hâtive donnerait à penser, les arts et les armes ont très souvent fait bon ménage, les premiers étant chargés de célébrer la gloire des secondes.

Personne ne s’attendait néanmoins à la découverte qualifiée de « première » et d’ « extraordinaire » par une spécialiste, de peintures murales à thème militaire plutôt que religieux dans l’ancien Quartier Rochambeau qui, dans l’ancien monastère de la Trinité a abrité de 1899 à 1914 le 20ème régiment de chasseurs à cheval.

La salle, où a eu lieu l’évènement, à laquelle on accède par la cour du cloître, autrefois « salle d’ordres et de théorie » est actuellement occupée par l’Ecole de musique. Comme il arrive souvent, c’est à l’occasion de travaux qu’a été décelée l’existence de ces peintures, confirmée par une étude réalisée par un expert, Brice Moulinier, à la demande de la DRAC du Centre-Val de Loire. L’on sait que ces décors ont été exécutés après 1908 en raison de la présence des noms du général Millet et du colonel de Luppe, commandant le corps à partir de 1907. Quant à l’atmosphère de l’époque, sans chercher plus loin, il faut rappeler la popularité de la revue de Longchamp, la célébrité du peintre Edouard Detaille, enfin le souvenir laissé par le général Boulanger qui, lors de son passage au ministère en 1886, avait encouragé la création de « salles d’honneur », sortes de musées éducatifs consacrés aux traditions des corps de troupe, à leur histoire et à leurs faits d’armes ; on devait y trouver des tableaux régimentaires, peints sur commande, d’après les indications fournies par le service historique de l’armée, par des artistes dont le ministère des Beaux Arts rétribuait le travail.

La technique utilisée est celle de la peinture à l’huile sur un enduit de plâtre, la scène historiée étant située à la partie supérieure des murs ( entre 1 m et 2,50 m environ), là où elle était la plus visible et la plus protégée.

Les travaux de réhabilitation, commencés à la mi-avril, doivent prendre fin le 21 juillet. Ils ont été confiés au « Conservatoire Muro dell’ Arte », installé au château de Véretz à quelques kilomètres à l’est de Tours. Dédié à l’art mural, le Conservatoire a pour ambition de former des professionnels de terrain qualifiés. La directrice des chantiers est Sabine de Freitas, présente lors de la visite organisée, le 12 juillet , ainsi que Christian Loiseau, adjoint au maire de Vendôme en charge de la culture et du patrimoine et Cécile Delouche, assistante à la direction du développement des Territoires Vendômois. Sabine de Freitas, elle-même issue de l’Ecole du Louvre,  se consacre à la restauration depuis plus de 20 ans (dont de nombreuses années vouées aux peintures murales de Chenonceau) et est titulaire de nombreux prix. « C’est la première fois que nos restaurateurs travaillent sur un support militaire », s’est-elle écriée.

Entièrement dégagé depuis le mois d’avril, le décor laissait encore voir les « flocons de neige » qui indiquaient les  trous de piquetage pratiqués avant la pose d’un enduit uniforme. Plus graves sont les conséquences de travaux qui se sont traduites par de grands manques.

Sur le mur sud, l’on pouvait, sans trop de peine, lire dans leur cartouche le nom des batailles auxquelles avait pris part le corps de cavalerie sous le Consulat et l’Empire : Hohenlinden (1800), Iéna (1806), Wagram (1809) et Fuentes de Onoro (1811), celui des officiers du régiment et de ceux du 5ème escadron. A l’ouest, malgré les lacunes, était encore visible une scène de bivouac réunissant principalement des fantassins et les cavaliers représentatifs de l’ensemble de l’armée française de l’époque, troupes métropolitaines, armée d’Afrique, et, peut-être troupes coloniales ou marins : le chasseur alpin côtoie le zouave, le cuirassier le spahi. Dans une cage d’escalier s’étendait une rétrospective paraissant commencer avec les mousquetaires. L’on peut donc affirmer que trois artistes distincts ont collaboré à ce travail : un peintre en lettres, un autre en décor et enfin, un dernier, pratiquant la peinture de chevalet.

L’objectif du restaurateur est de rendre sa lisibilité à l’œuvre sans pour autant empêcher la visibilité des interventions. Les lacunes seront comblées par des retouches « a trattegio » (composée de petits traits de couleur) permettant à la fois l’interprétation et l’identification des zones restituées après des recherches approfondies. L’utilisation de produits naturels, à caractère réversible, facilitera des repeints ultérieurs.

En conclusion, « il faut tenir compte des pathologie des bâtiments et faire preuve d’humilité en face d’œuvres qui ont traversé le temps ! »

                                                               Xavier Campion

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