Simone Veil

Simone Veil

Le 30 juin, Simone Veil est partie. Elle représentera à jamais une femme d’exception qui a marqué la France  par sa détermination, son courage, sa pudeur aussi.

Simone Jacob est née à Nice le 13 juillet 1927. Elle vit une enfance heureuse jusqu’à un jour de mars 1944 où elle est arrêtée par la Gestapo. Le début de l’enfer. Après avoir été transférée à Drancy avec sa mère et sa sœur Milou, elles sont toutes les trois déportées au camp d’Auschwitz-Birkenau. Simone Jacob a 16 ans. Elle résiste à tout. La présence de sa mère et de sa sœur l’aide à tenir. Elles forment un trio et rien ne doit les séparer. Sa mère, Yvonne Jacob, meurt à Bergen-Belsen du typhus en 1945. La tragédie absolue. Son père et son frère ont été déportés vers la Lituanie mais Simone Veil n’a jamais su où et quand ils sont morts. Seules les trois sœurs Jacob ont survécu. Son autre sœur Denise, Résistante, avait été déportée à Ravensbrück. Elle témoignera très souvent jusqu’à sa disparition en 2013.

Peu de temps après son retour à Paris, elle rencontre celui qui deviendra son mari, Antoine Veil. Le début d’une nouvelle vie. Ils auront trois fils. Mais un nouveau drame touche Simone Veil. Elle perd sa sœur Milou et son neveu dans un accident de voiture en 1952.

En 1956, elle se présente au concours de la magistrature et débute sa carrière dans l’administration pénitentiaire. Mais c’est en 1974 que Simone Veil est révélée au grand public lorsqu’elle est nommée par Valéry Giscard d’Estaing comme ministre de la Santé. Elle est alors chargée de faire passer une loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse. Un long combat. Simone Veil reçoit de nombreuses insultes. Ignominies. Lorsqu’elle monte à la tribune de l’Assemblée Nationale le 26 novembre 1974, des députés de son propre parti politique l’attaquent violemment. Mais la ministre de la Santé ne faiblit pas et la loi est adoptée.

Nous, les femmes, nous lui devons tout. Grâce à elle, nous sommes libres de disposer de nos corps et de nos choix.

Simone Veil continue une brillante carrière politique même si elle admet qu’elle n’a aucune ambition. Pourtant en juillet 1979, elle est élue présidente du Parlement européen. Un symbole aussi. Depuis la fin de la guerre, Simone Veil a toujours désiré la réconciliation avec l’Allemagne et la construction d’une Europe forte. Vouloir vaincre les ténèbres pour laisser place à la lumière.

Ma première « rencontre » avec Simone Veil remonte à mes onze ou douze ans lors de la parution de son livre « Une vie ». Cependant, elle m’a accompagnée tout au long de mes vingt années d’existence inconsciemment puis consciemment. Combien de fois ais-je regardé d’anciennes émissions où elle est interviewée. La voix de la liberté.

Je me souviens aussi lorsque j’avais regardé à la télévision, émerveillée, son entrée à l’Académie française en 2010. Son fauteuil avait appartenu à Racine. Une fierté. Simone Veil devenait ainsi Immortelle. Immortelle, elle l’est assurément.

Il y a deux jours, j’ai découvert une extraordinaire émission datant de 2004, où après vingt minutes d’entretien, Simone Veil doit choisir une chanson parmi plusieurs propositions. « La Solitude » de Barbara résonne alors. Son regard est magnifique. L’émotion est palpable. Simone Veil est belle.

Merci pour tout et comme l’a si bien dit Jean d’Ormesson lors de la cérémonie à l’Académie française : « Nous vous aimons, Madame ».

 

Merci Simone Veil. Pour toujours !

                                                       Marion Allard-Latour

 

Merci à Marion d'avoir si bien exprimé l'émotion que nous avons ressentie en apprenant la disparition de cette grande dame.

Elle a été, elle est et elle sera toujours le symbole de la résistance et du combat. 

#SimoneVeil

 

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