Le Second Empire s'expose au musée d'Orsay

Le Second Empire s'expose au musée d'Orsay

Le musée d’Orsay propose une exposition somptueuse sur la période du Second Empire (1852-1870). À travers la famille impériale, c’est toute une période de l’histoire de France qui défile ; tableaux, sculptures mais aussi mobilier Louis XIV et Louis XV. Les visiteurs, nombreux, plongent alors dans un univers de luxe et de culture. L’impératrice Eugénie, épouse de Napoléon III, accordait beaucoup d’importance à l’art et fît décorer toutes les résidences impériales de l’Elysée au château de Compiègne en passant par le château de Pierrefonds. Un après-midi placé sous le signe de la contemplation.

L’importance de l’art sous le Second Empire

Un an après le début du Second Empire, Napoléon III épouse l’impératrice Eugénie (1853). Déjà, cet instant est immortalisé par une aquarelle d’Hubert Clerget qui représente le mariage impérial à Notre Dame. Emerveillée par cette peinture, je continue à arpenter la salle en découvrant une photographie incroyable d’Eugénie, agenouillée en 1856, empreinte à une grande émotion, certainement due à la solennité du moment.

Les visiteurs se sont ensuite empressés de découvrir le berceau de l’enfant de l’impératrice Eugénie et de Napoléon III, le futur Louis-Napoléon Bonaparte né le 16 mars 1856.

D’autres nombreuses photographies montrent des instants de la vie publique de la famille impériale. Les photographes les plus influents à l’époque sont Marville et Richebourg.

Napoléon III tient aussi à ce que l’on réalise plusieurs bustes le représentant. C’est ainsi que Lequien en réalise un alors que Napoléon n’aime pas prendre la pause. Le sculpteur s’inspire de modèles antérieurs faits par d’autres contemporains.

Toutes ces réalisations montrent l’importance de l’art dans la vie du couple impérial.

Napoléon III est favorable à de grands changements dans la capitale. Haussmann devient préfet de la Seine en 1853 et commence les grands travaux d’aménagement à Paris, qui se traduisent par la construction d’immeubles haussmanniens et la création des grands boulevards. Au fil des photographies de l’époque, j’observe les nombreux chantiers qui sont opérés durant cette révolution architecturale.

D’autres aquarelles signées par Léon Leymonnerye montrent la transformation symbolique de Paris lorsque Napoléon III entre dans la ville. Je découvre alors un autel installé pour l’occasion sur le Champ de Mars ou encore un arc élevé sur le pont d’Austerlitz. Ces réalisations montrent la grande importance de l’événement et les différents moyens employés.

Cependant, Napoléon III et son épouse ont aussi un goût très prononcé pour les résidences impériales. Après le Coup d’Etat de 1851, ils quittent le palais de l’Elysée pour s’installer aux Tuileries. Dans cette salle d’exposition, les visiteurs observent avec attention la reconstitution de ces lieux décorés notamment grâce aux manufactures des Gobelins, de Sèvres et de Beauvais.

Une autre salle est entièrement dédiée aux portraits réalisés sous le Second Empire. Le portraitiste attitré à l’impératrice Eugénie est Winterhalter, personnalité importante aux yeux du couple impérial. Des peintres aussi célèbres que Cézanne, Degas, Monet ou Manet, réalisent des « tableaux de famille ». James Tissot peint les portraits des grandes familles aristocratiques comme les Miramont ou Latour-Maubourg alors que Gustave Courbet est le portraitiste de la famille Proudhon. Il est intéressant de voir l’évolution des portraits au XIXème siècle, les personnages prenant un air plus simple et décontracté, en accord avec la société dans laquelle ils vivent, alors plus propice aux loisirs.

Les grandes fêtes impériales entre luxe et volupté

En 1860 a lieu une importante inauguration, celle de la Villa Pompéienne voulue par Napoléon III. L’empereur affiche son goût certain pour l’art antique. Lors de ce prestigieux événement, une représentation théâtrale est donnée avec notamment le prologue de Théophile Gautier, La Femme de Diodème.

Durant cette période marquée par le luxe, des peintres comme Jules Breton vont s’illustrer dans un registre différent à travers La Bénédiction des blés en Artois réalisé en 1857. Par ce biais, le but est de montrer l’importance du catholicisme dans les milieux ruraux. Cela n’est pas sans rappeler le célèbre tableau de Courbet : Un enterrement à Ornans.

La famille de Napoléon III est elle aussi imprégnée par cet attachement à l’art et à la littérature. Sa cousine Mathilde tient un important salon rue de Courcelles à Paris. Le comte de Niewerkerke, amant de Mathilde, reçoit lui aussi toute l’élite masculine parisienne et n’hésite pas à caricaturer quelques uns de ses amis. La caricature est très virulente sous le Second Empire surtout avec celles de Daumier qui se moquent ouvertement de la haute société. Devant des dessins de l’époque, je ne peux m’empêcher de rire, c’est intemporel !

Sous Napoléon III, le faste est donc de mise à travers l’organisation des grandes fêtes impériales magistralement peintes par Eugène Lami. Aussi, je m’imagine assistant à la réception donnée en l’honneur de la reine Victoria en 1855. Un tourbillon de lumières.

Le Second Empire : l’importance des loisirs et des lieux de villégiature

Les années 1850 sont marquées par la multiplication des loisirs tels que les courses de chevaux à Longchamp. Des peintres tels que Monet, Manet ou Van Menzel, réalisent des tableaux représentant les hauts lieux de villégiature des grandes familles. C’est ainsi que l’on peut admirer Eugénie assise sur des rochers surplombant Biarritz mais également observer le célèbre Hôtel des Roches Noires à Trouville.

Les expositions universelles de 1855 et de 1867 sont pour la capitale l’occasion de montrer toute l’étendue artistique existant pendant cette faste période. Dans la dernière salle, je m’arrête de longues minutes devant un bénitier ressemblant à une fontaine faite entièrement de cristal. Cette œuvre provient d’une société de cristallerie lyonnaise (1867).

Le Second Empire est marqué par une forte production artistique et littéraire avec des auteurs aussi fameux que Victor Hugo et Emile Zola qui n’hésitent alors pas à s’opposer à ce régime politique.

Une anecdote amusante m’est restée en tête ; Zola excédé par la multiplication des portraits de la famille impériale et de leurs proches, parlera d’une société narcissique. L’écho de cette phrase est encore d’actualité.

1870 marque la fin du Second Empire. Napoléon III et son épouse Eugénie sont contraints de s’exiler en Angleterre. L’empereur meurt en 1873 et son fils Louis-Napoléon Bonaparte meurt lors de l’attaque du 1er juin 1879 en Afrique du Sud.

Cette exposition retrace avec précision toute la période du Second Empire. Pour tous les amoureux d’art et d’histoire, c’est une façon d’aborder le XIXème siècle d’une autre manière, en contemplant la beauté de l’ensemble des œuvres aussi bien picturales qu’architecturales qui bercèrent ces années là. 

Encore un agréable moment passé à la découverte de l’histoire !

Informations pratiques : Spectaculaire Second Empire, 1852-1870. Jusqu’au 15 janvier 2017 au Musée d’Orsay.

 

                                         Marion Allard-Latour

#SecondEmpire #Muséed'Orsay

 

 

 

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