Le retable et la maquette du château de la GidonnièreLe retable et la maquette du château de la Gidonnière

Le retable et la maquette du château de la Gidonnière

Samedi dernier, ce fut au tour de Lhomme d’avoir, grâce à Stéphanie Barioz-Aquilon, chargée de mission au Pays d’Art et d’Histoire, sa conférence sur les premiers résultats de l’inventaire du patrimoine de la commune. L’assistance qui remplissait la salle des fêtes témoignait de l’intérêt porté par les Lhommois, et aussi les autres, au sujet.

Aperçu géographique et historique du territoire

Après avoir rappelé le cadre de son enquête, Stéphanie Barioz-Aquilon, a procédé à une rapide présentation de Lhomme qui a connu diverses orthographes et dont le nom n’a été fixé qu’assez récemment (1933). S’étendant sur 1832 ha, arrosée par le Loir, la Veuve et la Boire, la commune compte 860 hab. ( 1007 en 1791).

Si les traces d’occupation humaine sont anciennes (dolmen de Maupertuis ou « Camp de César »), les premières mentions d’un manoir de Lhomme, la seigneurie de la Gidonnière (qui devrait son nom à un certain Widio ou Gédéon), remontent au XIème et XIIème siècles. Des cartes du XVIIIème mentionnant un « Ancien Lhomme », aujourd’hui perdu, qui aurait été situé non loin du vieux chemin menant à Brives puis au Mans, devenu la D 304 ( «  la Butte de Main », peut-être une ancienne motte). On relève d’ailleurs, en face de Bénéhard, la présence de nombres de fiefs relevant sans doute de la Gidonnière (la Chevalerie, la Montjoie, la Richardière…) Il y a 200 ans, l’on pouvait trouver également, au nord-est du territoire, quantité de toponymes évoquant l’exploitation de gisements métalliques de surface (la Ferrière…).

L’exploitation du bois, de la pierre, du fer et la polyculture, dont la vigne qui doit sa réputation au Jasnières (199 ha en 1817) fournissaient les principales ressources des habitants. Il faut enfin mentionner le passage de la ligne de chemin de fer Paris-Bordeaux par Chartres (1879-1971) et celui du « tramway » à vapeur reliant La Chartre au Mans.

Le bourg

En ce qui concerne le bourg, il apparaît sur le cadastre napoléonien de 1817 comme une petite localité installée autour d’une rue orientée nord-sud avec une forte emprise religieuse d’un côté : cimetière, église, prieuré-cure, presbytère. De l’autre un vieux tertre présentant les restes d’un bâti remontant au Moyen Age (la dendrochronologie a daté certaines poutres de 1470), l’ensemble étant protégé par un fossé et le grand vivier du prieuré-cure. Par la suite, l’habitat s’est densifié et le bourg s’est agrandi avec, en dernier lieu, l’apparition de lotissements.

L’église

Sans revenir sur le détail du sujet traité il y a peu ( 14 septembre 2016), il a paru opportun, à la lumière des recherches menées par Stéphanie Barioz-Aquilon, d’apporter quelques corrections indispensables et quelques précisions intéressantes.

L’église paroissiale Saint-Martin remonte au XIIème siècle, période dont subsistent l’abside et la nef. De part et d’autre, près du chevet, se trouvent deux chapelles élevées au XVIIème siècle : les travaux de celle du nord, financés par la famille de Courtoux, étaient encore inachevés en 1646 ; celle du sud a été payée par les paroissiens et par le prieur-curé de l’époque, Pierre Béduet, dont une plaque funéraire rappelle la mémoire à l’intérieur ; c’est pourtant celle-ci dont le mur pignon arbore le blason sculpté des  Courtoux portant trois roses et entouré du collier de l’ordre de Saint-Michel (fondé par Louis XI). La sacristie, elle, plus tardive (1844), est due à un don de la comtesse de Nonant, acquéresse de la Gidonnière. C’est de ce côté que se trouvait le cimetière dont le transfert entraina des excavations et l’abaissement du niveau du sol dont témoigne la position apparemment surélevée de la porte romane conservée. Un plan de 1903 établit l’emplacement primitif du clocher, une flèche de charpente, au milieu de la première travée de la nef (près du chœur).

A l’intérieur, l’on remarque surtout les trois retables du milieu du XVIIème établis dans chacune des chapelles et dans l’abside, qui présentent une grande homogénéité malgré la réfection en bois du monument central au XIXème.

Des trois tableaux qui en constituent l’ornement principal, c’est surtout celui de la chapelle nord qui retient l’attention. Témoin d’une dévotion précisément développée par les dominicains, contemporain de la création d’une confrérie du rosaire à Lhomme, il représente Saint-Dominique et une dominicaine célèbre, mais plus tardive, Catherine de Sienne, celle-ci tenant un cœur, probablement enflammé et une couronne d’épines, contemplant la Vierge. Dans le registre supérieur, la partie céleste, celle-ci est entourée de 15 médaillons illustrant les mystères joyeux, douloureux ou glorieux. Dans la partie terrestre, derrière les saints, deux cortèges se font face : derrière Dominique, celui du clergé avec, en tête, le pape, un cardinal, un évêque (celui du Mans ?) et divers religieux (dont le prieur des dominicains du Mans ?) ; derrière Catherine, les princes de la terre, Louis XIV et peut-être Anne d’Autriche, les donateurs… En arrière plan, l’artiste a peint le château de la Gidonnière, d’un côté, tel qu’il existait à l’époque, de l’autre, le bourg avec l’église et le prieuré -cure.

                                                          (à suivre)       

                                                                 Xavier Campion

#Lhomme #Paysd’artetd’histoire #StéphanieBariozAquilon #patrimoine

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