La nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurerLa nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurerLa nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurer
La nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurerLa nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurerLa nef de l'église;  la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurer

La nef de l'église; la chapelle de droite, le blason des de Courtoux, les trois tableaux à restaurer

Dédié au saint le plus populaire de France, l’église de Lhomme ne se présente pas sous un aspect très engageant.
Bâtie au XIIème s. elle a été transformée par l’édification de deux chapelles latérales à la Renaissance, celle de quelques constructions postérieures, et surtout le remplacement, en 1905, du vieux clocher par un nouveau de style indéfini, accompagné de la rénovation, plus ou moins heureuse, de la façade. En fait, le principal intérêt de l’église se trouve à l’intérieur.

Le tour du bâtiment, sur l’emplacement de l’ancien cimetière, nous a appris que les deux chapelles du XVIème, au haut pignon, situées trop près du chœur ne formaient pas un véritable transept et que leur élévation avait entraîné la suppression de deux absidioles ; comme souvent, la baie située au fond de l’abside a disparu au XVIIème en raison de l’érection, à l’intérieur, du retable central. On peut penser que ces chapelles sont largement dues à la générosité des seigneurs de la Gidonnière, les de Courtoux ayant acquis ce titre dès avant 1580 (abbé Denis) ; ils s’y faisaient d’ailleurs inhumer « près des marches du grand autel » et avaient un droit de « listre  funèbre » (un bandeau noir portant les armoiries du défunt et de sa famille, peint à une certaine hauteur du mur, à l’intérieur ou à l’extérieur), qu’ils n’ont pas manqué d’utiliser. Dans ces conditions, il n’est pas étonnant que leur blason, trois roses séparées par une fasce, deux en chef, une en pointe, ait été sculpté sur le mur du pignon sud, au-dessus de la baie. A la gauche de la chapelle, il subsiste une porte latérale du XIIème.

Le clocher primitif, probablement une flèche en bois, s’élevait au-dessus de la nef centrale. En 1860, la fabrique, c’est-à-dire le conseil de notables chargé de l’entretien de l’église, s’étant inquiété de l’état de celui-ci, la famille de Gramont, propriétaire alors de la Gidonnière, fit un don de 3 000 francs-or qui s’avéra insuffisant ; il fallut lancer une souscription publique pour financer, au début du XXème siècle, les travaux qui consistèrent à abattre l’ancien et à en édifier un nouveau, remarquable par ses abat-son, au-dessus du grand portail refait à cette occasion.

A l’intérieur, l’on est d’abord arrêté, près de l’entrée, par une statue peu courante, celle de saint Expédit, martyr arménien du IIIème siècle, qui, malgré une existence contestée, serait le patron des écoliers, des hommes d’affaires et des candidats au permis de conduire ( !) ; saint Expédit serait resté très populaire à La Réunion. A proximité, l’on trouve les fonds baptismaux en marbre noir de Sablé. Plus loin apparaissent encore, sur le mur, les restes d’une litre funéraire.

En dehors de la remarquable charpente de l’abside, ce sont pourtant les trois retables qui attirent l’attention, l’un situé au-dessus de l’autel de la chapelle de gauche, un autre dans celle de droite, enfin le monument central élevé dans le chevet.

Le premier, classé à l’inventaire des objets d’art en décembre 1906, est organisé autour d’une huile sur toile d’assez grandes dimensions (1,75 x 1,50 m environ) qui reprend une composition bien connue, traitée par de nombreux artistes (Le Tintoret entre autres), mais dont la présence à Lhomme pourrait quelque peu surprendre : la Vierge au Rosaire, apparue dans une vision de saint Dominique. Dans la partie inférieure du tableau se détachent deux personnages dont la tenue, noire et blanche, ne laisse aucun doute : il s’agit du saint qui tient une tige de lys, symbole de pureté, à la main et de Catherine de Sienne qui lui est souvent associée. Au second plan apparaissent deux cortèges de moindre importance, l’un composé des principaux dignitaires de l’Eglise, l’autre des habitants du lieu suivant leurs seigneurs ; tous paraissent animés d’une égale dévotion. Plus haut, se profilent un village (Lhomme ?) , d’un côté et un château, non identifié pour le moment, de l’autre.

Dans le ciel trône la Vierge, portant l’enfant Jésus, au centre d’une couronne formée de quinze petits médaillons représentant des scènes de la Passion, entourés de roses et de feuillages. A chacun des angles supérieurs, apparaît un blason soutenu par un ange, celui des de Courtoux à gauche, celui d’alliés, probablement, à droite, les deux étant sans doute les principaux contributeurs. La peinture, de même que les autres est datée de 1655 et attribuée à un artiste local, de Château-du-Loir, Pierre Lacroix.

Le retable de la chapelle sud, qui fait pendant n’est ni classé ni inscrit. Surmonté d’une statue du Christ d’un côté et de celle de sainte Barbe, reconnaissable à la tour, de l’autre, il montre « L’Adoration des Bergers » dont les couleurs paraissent avoir perdu leur éclat et passé avec le temps ; elles auraient, dit-on, « chanci », été altérées par une sorte de moisissure blanche. En dépit également de la détérioration  de la toile visible par endroits, la restauration pourrait poser moins de problèmes qu’il ne le semblerait à première vue.

Celui, enfin, de l’abside, au centre, supporte une statue de saint Martin, le patron de l’église. Le tableau est consacré à une représentation moins courante que d’autres, du « Christ à la colonne », généralement lié à la scène de la Flagellation.

C’est cet ensemble, assez exceptionnel dans la vallée du Loir que la commune voudrait voir restaurer et sauvegarder. Il faut insister sur le fait que Lhomme et son patrimoine pourraient trouver toute leur place dans un circuit des retables, comme déjà Chahaignes, à quelques kilomètres, dont l’église possède également quelques monuments tout à fait complémentaires puisque réalisés, eux, en terre cuite et en haut relief, si ce n’est en ronde-bosse. Peut-être, faut-il espérer aussi dans un deuxième temps, que soient mises au jour les fresques ou les peintures murales qui paraissent avoir subsisté sous un badigeon blanc, et ainsi voir doubler l’intérêt de l’édifice.                                                       

                                                                Xavier Campion

#Lhomme #égliseSaint-Martin #Courtoux #retables #PierreLacroix

 

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