Mika et Shelly présentent  les travaux des participants

Mika et Shelly présentent les travaux des participants

Dimanche dernier a eu lieu, à Paillard, la présentation publique des travaux des participants au « camp d’été » consacré au textile électronique « intelligent ». Comment définir celui-ci ? Grâce à des capteurs intégrés dans sa trame, il est capable de répondre de diverses façons, ludiques ou utiles, à des sollicitations par le contact, la proximité, la luminosité…

Ce « camp » aux allures de symposium, était le quatrième organisé par le Centre d’art contemporain, ce qui permet d’espérer, avec Shelly De Vito, la pérennisation d’une formule qui apparait unique dans sa liberté : elle permet, en effet, à une trentaine de chercheurs (voire d’avantage) qui sont souvent aussi des artistes et des artisans, de passer une semaine dans un style communautaire afin de se rencontrer,  d’échanger, d’exposer leurs recherches et de travailler ensemble.

Ils sont plutôt jeunes, majoritairement des femmes, d’origine des plus variées (Etats-Unis, Allemagne, Autriche, Japon, Brésil, Uruguay, Roumanie, Irlande, Angleterre, France, Pays-Bas, Taïwan, Ukraine…) ; beaucoup ont cependant quitté leur pays natal. Parmi eux, une douzaine étaient déjà présents l’an dernier. Tous sont des partisans résolus d’une activité indépendante et désintéressée et du partage des connaissances autour de la combinaison d’un savoir-faire traditionnel (le tricot par exemple) et de l’utilisation des nouvelles techniques prenant appui sur la miniaturisation de plus en plus poussée des composants électroniques. On comprend pourquoi le camp a été placé sous le signe de la « Softopia », de l’utopie douce. L’un des premiers actes positifs -suivant l’annonce faite par Shelly –l’installation à Paillard, dès l’an prochain, d’un laboratoire de fabrication doté des outils nécessaires, accessible non seulement aux artistes et aux artistes mais aussi à tous les habitants du lieu.

C’est Mika Satomi, l’une des pionnières du camp qui a été chargée des présentations. Tout le monde s’est d’abord rassemblé autour d’une nouveauté, le prototype d’une paire de chaussures imaginées par Troy Nactigall. Celui-ci est parti du constat suivante : « beaucoup de gens se servent de chaussures de tennis alors qu’ils ne pratiquent pas ce sport ; ils les portent pour des randonnées alors qu’elles ont été conçues pour un autre usage. » A l’aide d’une imprimante 3 D, Troy a donc créé un prototype de mocassins très souples adaptés à la personnalité de l’utilisateur comme à l’emploi envisagé.

Quant à Mika Satomi et à Magdalena Agren, lors de l’arrivée en masse des réfugiés en Allemagne en 2015, elles se sont posé la question : « que faire ? » Leur réponse a été la mise au point de vêtements destinés à une fanfare fictive («  Mag Magnificent Marching Band») encourageant des marcheurs grâce à une musique entraînante enregistrée (des roulements de tambour pour le moment) et diffusée par leur intermédiaire.

Même si elles l’expriment de façon différente, Aniela Hoitink, venue des Pays-Bas où ses recherches sont financées par un fond privé, et Julia Tomasello sont animées par une préoccupation commune : contribuer au bien-être et à la santé des gens. La première s’est inspirée de la topographie du corps humain, des systèmes musculaire, circulatoire, respiratoire ou nerveux afin de créer une robe chasuble utilisant l’énergie solaire pour engendrer son propre métabolisme ; elle peut donc réchauffer, changer de couleur. « Ce vêtement peut guérir ! » a affirmé Aniela ( « Dynamic Skin) .Quant à Julia, elle s’est avisée que le corps humain était recouvert à raison de 90% de sa surface par différents micro-organismes ( bactéries, virus, champignons…) devenus de plus en plus résistants, notamment les plus dangereux. « Future Flora » se présente comme un « kit » permettant aux femmes de se défendre contre ces adversaires de façon active.

Assez proche apparait l’ « Hysterical Bubble II », le développement par Anja Hertenberger d’une veste permettant, grâce à des manches gigot inspirée de l’histoire du vêtement féminin, d’éviter tout contact trop proche avec d’autres personnes (ou objets). « Noli me tangere ! » n’ont plus besoin de s’écrier les agoraphobes ou les malvoyants.

Enfin, parmi bien d’autres, nous avons à nouveau remarqué Pauline Vierne,encore une ancienne, qui, cette année, nous montre une création assez étonnante : si son possesseur accompagne, par exemple, un cortège en jouant, même d’une façon métaphorique, du tambour, il pourra avoir besoin de cet automate capable de lui confectionner, pour calmer une fringale subite, un en-cas à l’oignon et au fromage frais.

                                                                 Xavier Campion

 

#Poncé #Paillard #ShellydeVito #e.textile #SummerCamp2016 #MikaSatomi

 

Facebook :          https://m.facebook.com/pages/Le-Mille-pattes-Campion/1597797927138358?ref=tn_tnmn&__nodl

Twitter:       https://twitter.com/LPattes        

Et nous contacter via : overblog41@gmail.com

Pour faire un  don au Mille-pattes : www.helloasso.com/associations/association-culturelle-du-niclos/collectes/le-mille-pattes-pour-tous

Retour à l'accueil