Le "Trio Balalaïka" et "Opus 4". Photos Philippe LahoreauLe "Trio Balalaïka" et "Opus 4". Photos Philippe Lahoreau

Le "Trio Balalaïka" et "Opus 4". Photos Philippe Lahoreau

Le Festival international a donné son concert d’ouverture le 9 juillet au Minotaure. Tous ceux qui y ont assisté garderont longtemps le souvenir de cette « Nuit de Russie » qui leur a permis de découvrir « Balalaïka Trio » et « Opus 4 ».

En introduction, Anne Soret, présidente de l’association organisatrice « Guitares au gré du Loir », a rappelé que la manifestation, qui compte 19 années d’existence, n’aurait pu subsister « sans la compétence et la sensibilité de son directeur artistique, Cristobal Pazmino » et insisté sur l’objectif : « porter les musiciens sur la scène » ; elle a aussi évoqué la soirée donnée en plein air à Danzé, le 13 juillet qui a allié jazz manouche, cabaret, humour et chanson française : « c’est la première fois que le Festival se délocalise », a-t-elle remarqué.

Vêtus de sombre, les membres du « Balalaïka Trio » ont fait ensuite leur apparition sur le plateau dominé par le noir malgré des jeux d’éclairage changeants. Micha Tcherkasski à la petite balalaïka, un chef d’œuvre de lutherie, Leila Soldevila à l’énorme balalaïka contrebasse et Bagdan Nestorenko à l’accordéon de concert, le bayan. Russes ou d’origine russe, ils faisaient leur première apparition à Vendôme avec des instruments plutôt inhabituels.

D’emblée, les auditeurs ont pu apprécier les qualités et les possibilités de ces instruments ainsi que la maîtrise de ceux qui en jouaient, aussi à l’aise dans l’interprétation d’extraits des ballets « Casse-Noisette » et « Le Lac des cygnes » de Tchaïkovski que dans la « Polka italienne » de Rachmaninov.

Après un hommage à un autre grand compositeur, Katchatourian, avec « La Danse du sabre », le Trio a remonté le temps dans un répertoire plus traditionnel, exprimant pleinement l’âme russe avec ses alternances de joie et de tristesse : « Je vous ai rencontrée », une version du XVIIIème siècle, « Valenki » (Les Bottes de feutre), « Les Lacs bleus », peut-être le pendant des « Yeux noirs », musique d’un film oublié des années 70 qui lui a survécu. Il n’a pas manqué de jouer un morceau dû à Vassili Andreiev, le créateur de la balalaïka moderne à la fin du XIXème, lui-même musicien ( il a accompagné le célèbre baryton Chaliapine) : « La Lune brille ».

Enfin, déjà envoûté, le public a été subjugué par une fantaisie sur le thème de l’un des airs les plus célèbres, même en dehors de la Russie, « Kalinka », repris par la salle avec force battements de mains avant les applaudissements finals.

C’est en ces termes que Cristobal Pazmino a présenté « Opus 4 », la formation qui a assuré la seconde partie du concert : « une bande de joyeux musiciens que j’aime bien ! » mais qu’il ne connaissait que par des conversations téléphoniques. Joyeux certes, mais également virtuoses, aussi bien instrumentistes que chanteurs. Le public a donc pu apprécier le talent et l’humour de ce quatuor composé de Pierre Procoudine Gorsky et Serge Camps au « dobro », cette guitare à résonateur, de Franck Anastasio à la contrebasse, enfin de Piotr Sapieja au violon, mais aussi au violon pavillon, sans compter les petits instruments à percussion tirés de ses poches.

Mêlant le swing, le rock, la musique tzigane, la fantaisie et la dérision, le groupe a communiqué sa jubilation aux trésors du folklore slave et tzigane, avec des emprunts au jazz et même aux variétés françaises, réunissant ainsi les deux mondes, l’ancien et le nouveau.

Les auditeurs ont été transportés dans le Middle West, se sont retrouvés en Bohême et en Europe de l’est, enfin en Russie avec une vieille chanson « Ulitsa ».

Autour d’une autre chanson, l’une des plus expressives de ce que l’on appelle « l’âme russe », « Nitchevo » (Ce n’est rien), ce fut ensuite un feu d’artifice musical endiablé dont les gerbes colorées évoquaient le souvenir de Django Reinhardt, de Sacha Distel ( « Ma première guitare »), de Gilbert Bécaud ( « La place Rouge » ), ou encore de la fugace Marie Myriam ( « L’Oiseau et l’enfant »). La salle s’est montrée plus que réceptive, captivée et enthousiaste, ce qu’elle a manifesté bruyamment et qui lui a valu une deuxième version de « Kalinka » et aussi une parodie désopilante de l’un des meilleur succès de Jacques Dutronc : « Moscou s’éveille, Moscou se les gèle »…

C’est à juste titre que Cristobal Pazmino a tenu à associer le Trio et « Opus 4 » pour une dernière ovation de l’assistance.

 

                                                                   Xavier Campion

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