La chapelle et le pigeonnier vus de l'extérieur et l'intérieur de la chapelleLa chapelle et le pigeonnier vus de l'extérieur et l'intérieur de la chapelle
La chapelle et le pigeonnier vus de l'extérieur et l'intérieur de la chapelle

La chapelle et le pigeonnier vus de l'extérieur et l'intérieur de la chapelle

 

Le dimanche 24 avril, dans la matinée, le Pays d’art et d’histoire de la vallée du Loir avait prévu deux visites guidées du manoir de l’Aurière, situé à la limite de Ruillé avec La Chartre, entre la D305 et le Loir. En raison de la forte demande, un troisième groupe a été ajouté, ce qui a porté le nombre de visiteurs à plus d’une soixantaine. Il était à prévoir que l’intérêt serait très vif en raison du caractère un peu mystérieux du site. D’un côté, celui-ci est relativement isolé et peu visible ; de l’autre, il y a déjà près de 40 ans, il a défrayé la chronique locale et suscité une véritable mobilisation à la suite de son achat par une société parisienne d’extraction de sable qui voulait le transformer en carrière. De nos jours encore, certains sont persuadés que le bâti n’existe plus et l’émotion n’est pas éteinte. (1) En fait, les démarches entreprises à l’époque ont conduit à l’inscription du manoir à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques et à l’abandon du projet de sablière. La plupart des altérations subies par les bâtiments semblent antérieures à la fin du XXème siècle et ne paraissent pas irrémédiables. Longtemps délaissé, le domaine est actuellement loué à une société de chasseurs qui assurent un minimum d’entretien, à tout le moins la mise hors d’eau.

Deux édifices mystérieux

Il est probable que le site a été autrefois entouré d’un fossé dont subsistent quelques traces. Ce qui frappe toutefois d’emblée le visiteur à son arrivée, c’est que l’entrée, placée aujourd’hui au nord, est encadrée de façon dissymétrique par deux constructions à un étage qui évoqueraient, de nos jours, deux pavillons : il s’agit en réalité d’un pigeonnier à gauche et d’une chapelle à droite qui paraissent n’avoir que peu de rapport avec le bâtiment principal.

Cette disposition peut susciter quelques interrogations.

L’entrée a-t-elle toujours été située au même endroit ? Jusqu’en 1813, le chemin qui menait à La Chartre longeait depuis le village la rive droite du Loir, au sud. S’il ne reste aucune trace d’un accès de ce côté, cela ne prouve pas que celui-ci n’ait jamais existé. En tout cas, la possibilité d’un tel accès enlèverait tout lien entre le passage actuel et les deux bâtiments dont il est question. Suivant certains auteurs (2), ceux-ci remonteraient au XIIIème siècle. Ils seraient donc contemporains d’un autre pigeonnier, daté de 1243 (3), de construction et de dimensions comparables, également dans le voisinage du manoir Renaissance du Grand-Gué, à une vingtaine de kilomètres, à Saint-Martin-des-Bois (sur la D10, près de Montoire).

Si l’on poursuivait dans cette voie, on pourrait penser que ces bâtiments ont pu être préservés en raison soit de la valeur nobiliaire symbolique du pigeonnier et de la chapelle privée (dont la desserte aurait justifié la création d’une prestimonie), soit d’un souci d’économie que l’on décèle dans le manoir et ses dépendances (absence de tourelle d’escalier et choix du bois plutôt que de la pierre pour celui-ci dans l’un, utilisation du torchis dans les autres), ou pour les deux motifs à la fois.

L’existence de ces vestiges, tenus pour les plus anciens, atypiques par rapport au reste, pourrait expliquer, du moins en partie, la mobilisation des années 80 dans la mesure où les manoirs plus récents, défigurés, ne manquent pas dans la région.

Pour en finir avec la description sommaire des deux constructions, il faut ajouter que,        couvertes d’ardoise et coiffées d’un lanterneau, elles possèdent un rez-de-chaussée voûté (4), sans communication avec l’étage supérieur accessible seulement de l’extérieur, l’entrée inférieure étant au nord pour le pigeonnier, à l’ouest pour la chapelle, pourvue autrefois d’un autel monumental, orientée vers l’Orient.

                                                                   (à suivre)

                                                                    Xavier Campion

  1. L’ouvrage « Le Patrimoine des communes de la Sarthe » publié en 2000 ( « Flohic Editions », Paris) fait état d’un manoir « mutilé et transformé irrémédiablement », assertion qui ne s’accorde pas avec nos constations.
  2. Idem.
  3. Gérard Ferrand « Pigeonniers et colombiers… », « Patrimoine dans votre commune n°27, Saint-Martin-des-Bois », CDPA41, Blois.
  4. En ogive pour la chapelle.

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