Le manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturauxLe manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturaux
Le manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturauxLe manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturauxLe manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturaux

Le manoir de l'Aurière, ses dépendances, la grande cheminée au rez-de-chaussée, détails architcturaux

 

Le Manoir

Dépourvu donc de tourelles d’escalier et de toute ouverture défensive (canonnières), le manoir apparait comme une construction assez simple que ses dimensions et la présence d’un étage distingue cependant des habitations roturières rurales (à Beaumont-sur-Dème subsiste une maisonnette en pierre du XVIème attribuée à « un riche laboureur »). L’Aurière était l’un des sept fiefs relevant de la Cour de Ruillé. Il semblerait qu’au XVIIème siècle, celui-ci ait appartenu à une famille d’officiers de Justice du Mans, les Le Tourneur (Letourneur) dont les minutes notariales ont livré quelques prénoms, Philippe, René et Françoise. Les Letourneur l’aurait acquis des Maillé, seigneurs châtelains du village, propriétaires directs au siècle précédent. Le manoir aurait été reconstruit une première fois, peut-être en 1472, puis à nouveau dans le courant du XVIème siècle. Les rampants des pignons à découvert et l’aspect archaïque des communs plaident en faveur d’une date haute. Les informations disponibles sont parcellaires, indirectes, font place à beaucoup d’hypothèses et ne remontent pas au-delà du XVème. Il semblerait qu’à la fin du XVIIIème, l’Aurière ait appartenu à Mme de Préau, originaire du Mans,puis, après un intermède, à la comtesse de Nonant (décédée en 1858). Par la suite, elle aurait reçu une affectation uniquement agricole liée à l’élevage.

L’intérieur

Le rez-de-chaussée est divisé en deux parties inégales par un couloir reliant l’entrée principale à une autre à l’arrière. A l’ouest, on découvre une grande salle chauffée par une cheminée imposante et pourvue de deux niches aménagées dans le mur pignon. A l’est, du côté des communs, se trouvent une pièce plus étroite (cuisine ?) puis la cage de l’escalier ; pratiquement invisible de l’entrée principale puisque situé à l’arrière, celui-ci a été construit tout en bois. Il rappelle un peu celui du petit manoir, plus cossu mais assez comparable, de la Chevalinière édifié à la fin du XVème dans la partie nord de Saint-Martin-des-Bois : aménagé dans une tourelle, seule la partie basse, celle qui est apparente au rez-de-chaussée, est en pierre, la partie haute étant également en bois. Aux trois quart, une porte pratiquée dans le mur pignon donne accès à un grenier au-dessus des dépendances. Le vestibule auquel l’on aboutit en haut dessert deux chambres de vastes dimensions éclairées par les fenêtres de la façade ; la première, sans feu, a peut-être conservé son carrelage d’origine. L’autre, la chambre seigneuriale, a gardé sa grande cheminée sur piédroits. Le plafond a été surélevé comme l’indique une poutre maîtresse devant supporter les solives, laissée à son emplacement d’origine. Ici encore, nous pouvons penser à la Chevalinière : le plafond de la chambre y a également été rehaussé, avec ses poutres comme en témoigne une rainure, logeant initialement l’une d’entre elles, qui traverse la largeur du manteau de la cheminée. L’aménagement suppose une modification des murs de façade et de la pente des pignons.

De même qu’à la Chevalinière, les dépendances ont été adossées au logis, ici à l’est. Elles ont été refaites à plusieurs reprises : chaque fois, les solins protégeant la base du colombage ont gagné en hauteur et donc fini par atteindre une élévation importante Certains madriers ont pu être datés grâce aux techniques de la dendochronologie : leur bois remonterait à 1739. Au dessous du grenier, tout contre le manoir, devaient se trouver les écuries, signalées par une rigole dans leur sol.

                                                                    Xavier Campion

 

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