Le prieuré de Croixval sur le territoire de la commune de Ternay

Le prieuré de Croixval sur le territoire de la commune de Ternay

Pour sa dernière sortie organisée en partenariat avec l’Association Pierre de Ronsard, la Société Archéologique du Vendômois s’est rendue à la Possonnière. Entre la visite du manoir et celle des jardins, les participants ont pu avoir une nouvelle vision de la personnalité du poète à travers la conférence donnée par Frank Lestringant, professeur à la Sorbonne sur le thème « Ardeur et rondeur de Ronsard,des Amours aux Hymnes ». Si les recueils des « Amours » sont bien connus, ceux des « Hymnes » le sont moins. Ecrits en alexandrins, ces poèmes témoignent d’un souffle lyrique et épique comme d’une éloquence vouée à la gravité morale ; même si leur auteur a été un temps oublié, ces pièces devaient avoir une riche postérité, en particulier à l’époque classique.
L’après-midi, Jean-Jacques Loisel, historien vendômois et secrétaire des éditions du Cherche-Lune a présenté « Croixval ou Ronsard intime ». Une double intimité en vérité : celle des derniers feux de l’amour éprouvé pour la jeune Hélène de Surgères, immortalisée par ses sonnets ( « Quand vous serez bien vieille… »), dont une fontaine proche perpétue le nom ; celle d’une vie rustique et retirée, loin des fastes et des vanités de la Cour consacrée à la contemplation, à la promenade, au jardinage et à l’herborisation (« La Salade »), à la nature ( « Contre les bûcherons de la forêt de Gastine »).
Après avoir relevé que c’était le 450ème anniversaire de l’entrée en possession par Ronsard de son seul établissement dans le Vendômois (la Possonnière quittée d’ailleurs très jeune ne lui a jamais appartenue), Jean-Jacques Loisel avait retracé rapidement l’histoire du prieuré de Sainte-Marie-Magdeleine de Croixval, fondé vers 1125 par l’abbaye de Tiron ( Thiron en Eure-et-Loir), sur le territoire de Ternay, à la lisière de la forêt de Gâtines. En fait, le nouveau commendataire, qui l’occupera de 1566 à  sa mort (1585), n’a pas touché aux constructions, dont le logis datant probablement de la fin du XVème. C’est par la suite que celles-ci ont été modifiées, voire démolies (tourelle d’escalier, chapelle…) pour répondre aux besoins d’une exploitation agricole. Seules subsistent, comme un dernier témoignage des débuts, la crypte de la chapelle et les caves voûtées (partiellement de style angevin) du bâtiment conventuel, tous deux disparus.
Les déprédations subies par un lieu aussi étroitement lié à la vie et à l’œuvre de Ronsard ont justifié un classement, peut-être tardif, en 1925.
                                                                          Xavier Campion
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