La Communauté de la Providence

La Communauté de la Providence

 

Entre avril et mai, a eu lieu la restitution aux habitants de Ruillé, et aussi à leurs voisins, des résultats des travaux d’inventaire du Patrimoine réalisés par le Pays d’art et d’histoire. La conférence donnée dans la soirée du 23 avril, à la salle des fêtes par Stéphanie Barioz-Aquilon, chargée de mission au Pays, a connu un franc succès, prouvant aussi bien l’attachement des Ruillacois aux témoins du passé que l’intérêt porté à l’histoire locale dans la vallée du Loir.

Stéphanie Barioz-Aquilon a commencé en dressant un rapide état des lieux. « La première mention écrite de Ruillé remonterait au IXème siècle, la paroisse étant mentionnée à partir du XIVème. Très étendue ( plus de 39km2 ), la commune qui comptait 1786 hab. en 1789 en conserve aujourd’hui près de 1200. »

Abordant le monde rural, elle a longuement évoqué les deux seigneuries et la dizaine de manoirs qui ont laissé leur trace dans le bâti.  Au nord-ouest, isolé dans un bois qui lui a donné son nom, le château de la Chênuère, cité au XIVème siècle, a été reconstruit vers la fin du XVème puis réaménagé dans un style néo-gothique, à la fin du XIXème. Tel quel, il conserve fière allure avec ses tours et son hautcorps de logis construit en équerre. Relevant de Courtanvaux (Bessé), il a compté parmi ses propriétaires le marquis de Louvois, secrétaire d’Etat à la Guerre de Louis XIV. Possessionnés plutôt du côté de Courdemanche et de St Georges-de-la-Couée, ses seigneurs ont peu eu à voir avec Ruillé. La véritable seigneurie du lieu dont relevaient la plupart des fiefs, avait son siège au manoir de la Cour, à proximité de l’église où elle possédait sa chapelle. Après l’alliance avec la famille de Maillé-Bénéhard, le manoir fut reconstruit à la fin du XVème ; en 1869, il finit par être acheté par la Communauté de la Providence. Plutôt dénaturé, il conserve, seul vestige visible, l’encadrement d’une porte de style gothique au pied de la tour d’escalier hexagonale.

Le trait distinctif des manoirs est d’avoir été fortifiés (marque distinctive  qui nécessitait en principe l’autorisation du suzerain), en particulier au moyen de douves mises en eau, dont quelques unes subsistent au moins en partie : c’est le cas de la Touche, d’Hauteville, de l’Aurière… On peut ajouter le Gatz (agrandi en 1911), Douvres (relevant de la Chênuère), le Grand  Dauvers dont l’origine est mystérieuse, la Ville qui communiquait par une galerie avec sa chapelle, le Vauharouard avec son architecture du début du XVIIIème (près de Poncé), enfin Fontenay devenu hospice pour vieillards au début du XXème siècle et dépendant de l’EHPAD. Dans leur majorité, les manoirs ont été affermés et transformés pour les besoins d’une exploitation agricole.

Ruillé n’a possédé que deux moulins : le Petit sur la Tortaigne (détruit), à proximité du manoir de la Cour et le Grand, reconstruit aux XIX et XXème siècle, qui existe toujours au bord du Loir.

A l’exception des demeures seigneuriales reconverties, il ne parait subsister aucun bâtiment de ferme antérieur au XVIIème, probablement en raison de la fragilité des matériaux utilisé ou du réemploi des autres. Ceux qui ont été conservés sont de plusieurs types : le plan le plus ancien est celui  « maison, avec une pièce à feu-étable-grange » (couverte en bardeaux, puis en tuiles, enfin en ardoises) ; ensuite est venue la maison dissociée des dépendances, à partir du XIXème ; plus tardivement est apparue la ferme semblable à une maison de ville.

L’époque parait donc définir le style, sans que la correspondance soit nécessairement automatique : entre autres exemples, la ferme de la Chênuère aux belles lucarnes du XVIIIème, la Persilière, construite vers 1860, comportant deux pièces à feu, une écurie (ou étable) et une grange, Bellevue (XIXème) dont l’habitation est séparée des communs, la Pâquerie, remontant au XVIIème, assez basse, qui montre encore ses cloisons intérieures sur solins et sa cheminée sur piédroits.

C’est à la fin du XIXème qu’ont été construits les premiers hangars ouverts sur piles en brique ou sur poteaux de bois ; au cours du même siècle, les toits à porcs se sont multipliés en relation avec le développement de la culture de la pomme de terre.

Alors que sous l’Ancien Régime, le plan du bourg était orienté suivant un axe nord-sud, le chemin de La Chartre longeant alors la rive droite du Loir, le nouveau tracé de la route (1813) puis la construction de la ligne La Chartre-Pont-de-Braye et le développement de la Providence ont donné un nouveau visage à la localité : la construction et l’alignement des maisons bordant la nouvelle voie, la constitution d’un imposant ensemble religieux au centre, l’installation de l’hôtel Saint-Pierre en 1840, enfin la construction de bâtiments publics : mairie et école proches, la première ne gagnant son emplacement actuel qu’en 1952.

                                                                                  (à suivre)

                                                                   Xavier Campion

 

#Ruillé #Paysd’Artetd’HistoiredelaValléeduLoir #StéphanieBariozAquilon

 

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