Oeuvres d'Eric Palacino, Servage, Philippe Villain, Henri ReinertOeuvres d'Eric Palacino, Servage, Philippe Villain, Henri Reinert
Oeuvres d'Eric Palacino, Servage, Philippe Villain, Henri ReinertOeuvres d'Eric Palacino, Servage, Philippe Villain, Henri Reinert

Oeuvres d'Eric Palacino, Servage, Philippe Villain, Henri Reinert

 

Ce jeudi de l’Ascension, la gare de Thoré-la-Rochette a connu deux évènements : le matin, le Train de la vallée du Loir (TTVL) a effectué son premier voyage depuis la fin des travaux sur la voie ferrée ; « ce trajet a été plus confortable que les précédents, le nombre des cahots et autres secousses ayant été fortement réduit ; nous déplorons toutefois de devoir supporter des limitations de vitesse (10 km/h) au franchissement de certains ouvrages d’art alors que celles-ci n’ont aucune raison d’être maintenues ! », nous a déclaré Claude germain, président de l’association gestionnaire.

L’après-midi, ce fut le vernissage de l’exposition des artistes à la Maison du Vin (même endroit) ; celle-ci, fort intéressante, a réuni un sculpteur et trois peintres venus d’horizons divers.

Eric Palacino s’est fixé à Cléry-Saint-André (Loiret), lieu rendu célèbre par l’immense basilique que fit reconstruire Louis XI et qu’il préféra à Saint-Denis comme sépulture. Se présentant comme « ré-créateur sur bois », qualificatif polysémique mais significatif, il s’y adonne à la « sylvisculpture », art qu’il pratique également en d’autres lieux comme le Luberon. Il cite cette phrase de Rodin qui illustre sa propre démarche « J’ai approché la sculpture en regardant les arbres, en observant les nuages. Ce que j’ai appris de la nature, j’ai essayé de le mettre dans mes œuvres. » Eric Palacino préfère suggérer plutôt que montrer, chacun pouvant laisser son imagination vagabonder au fil des pièces et des essences exposées : « La Tarasque », qui a hanté les légendes provençales, est en olivier ; « El  Toro » (anti-corrida) assemble le chêne, la corne, la cire noire et l’étain ; « Black Babel (Nouvelle Ascension) tire parti des entrelacs d’un vieux lierre ; ‘Le Drapé provençal » (Intemporalité) est tiré d’un amandier… Toutes les œuvres présentées, amoureusement polies,  invitent à la caresse du regard et du toucher.

Servage, parisien, se définit comme « peintre pamphlétaire ». Vivement colorés et très réalistes, ses tableaux s’inspirent d’un certain style publicitaire et du pop art pour mettre en scène les non-sens du monde contemporain et de la société de consommation. Si « Sottise en vue » faisait voir un chaton suivant d’un œil intéressé les évolutions d’un poisson rouge à l’intérieur d’un bocal, parait relativement innocent, que dire de ces « Vies de chiens » que l’on peut comparer en regardant un homme en train de mendier son pain au pied d’un mur portant une publicité prônant les vertus d’aliments pour animaux. D’une inspiration identique est cette représentation d’un extraterrestre extrayant une poupée mannequin d’un amoncellement de rebuts dominé par la Tour Eiffel ( « Sur les traces d’une civilisation disparue »). L’homme ira-t-il jusqu’à s’approprier les ressources de l’espace ? C’est ce que semble suggérer un jeune enfant contemplant par un hublot, qui lui renvoie un reflet pâli, une machine qui vient d’arracher un bloc de minerai d’un astéroïde (« Naissance d’une vocation »).

Alsacien, Henri Reinert, pour dire vrai, n’est pas un peintre mais un photographe réputé ; cependant, l’on pourrait aisément confondre les photographies exposées avec des œuvres picturales tellement elles ont été retravaillées. L’artiste exploite le jeu des déformations, produites par les reflets, sur des surfaces polies ou aquatiques, de la lumière ou d’éléments empruntés soit à la nature (végétaux…), soit même à la vie quotidienne (une file de voyageurs réfléchie par une tôle rivetée et polie). La réalité n’apparait qu’à travers des formes et des couleurs mouvantes donnant parfois une impression de chatoiement.

Philippe Villain, venu de la région parisienne, a exercé la profession de graphiste avant de donner libre cours à sa vocation personnelle, la peinture. Il y a trois ans, certains avaient déjà pu faire sa connaissance au manoir de la Possonnière (Couture) dans le cadre d’une exposition personnelle exceptionnelle par sa durée, du mois de mai à celui d’octobre « J’ai trouvé ma voie, nous avait alors confié l’artiste, grâce à l’école dite de « l’abstraction lyrique, influencée par le peintre d’origine russe Kandinsky, qui s’oppose au cubisme et à « l’abstraction froide », « géométrique ». Ouverte à l’inspiration personnelle, elle conduit à l’éclosion d’un symbolisme fantastique à partir d’éléments figuratifs. »

Ses œuvres reposantes, nous apportent des formes douces, arrondies, lumineuses, celles des végétaux, des fleurs ou du corps féminin, enchevêtrées ; peut-être pourrait-on parler d’une « luxuriance apaisée », dans laquelle évoluent quelques gnomes colorés.

L’exposition s’est close le 8 mai. Si vous avez l’occasion de voir ces artistes dans d’autres lieux, ne la manquez pas !

                                                           Xavier Campion

#Thoré-la-Rochette #TTVL #MaisonduVin #exposition #EricPalacino #Servage #HenriReinert #PhilippeVillain

 

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