Christian Valette
Christian ValetteChristian Valette

Christian Valette

Pierre Delorme
Pierre DelormePierre Delorme

Pierre Delorme

 

« Un Trôo d’émotion », tel est l’intitulé de l’exposition que Laurence Brignon accueille dans son « Atelier de la Gouffrande » jusqu’au 10 avril. Celle-ci réunit deux artistes, plutôt complémentaires, que nous avons dérangés lors des opérations de montage qui, à quelques jours du vernissage, paraissaient heureusement en bonne voie. L’un est sculpteur, l’autre aquarelliste ; leurs œuvres remplissent les deux salles de l’atelier : les murs et tous les supports possibles, sellettes, escabeau…paraissaient occupés. Seul un grand « vitrail » de Laurence Brignon était resté en place sur un mur pignon.

Christian Valette est fixé à Saint-Gervais-en-Belin, au nord d’Ecommoy. Après avoir fait carrière dans l’informatique, il a abordé la sculpture, « pour s’occuper intelligemment », il y a une dizaine d’années seulement. Il avait néanmoins manifesté auparavant quelques prédispositions artistiques puisque, dans son enfance, il aimait dessiner. « Rendre des détails ne m’intéressait pas ; je recherchais l’expression dans le mouvement. »

Autodidacte donc, l’artiste a d’abord travaillé le bois, puis a découvert la pierre en fréquentant une association d’art plastique à Allonnes. Il en est rapidement arrivé à marier (verbe évocateur !) les deux, l’orme et le noyer d’un côté et la pierre de Lavoux (dans la Vienne, près de Chauvigny), un calcaire dur au grain très fin dont la blancheur est rehaussée par quelques traces de silice, de l’autre.

Sans qu’il faille nécessairement associer l’un à un principe masculin et l’autre à un principe féminin, chacun des matériaux, poli à l’extrême, donne naissance à une forme épurée, arrondie, parfois enveloppante qui s’assemble avec l’autre pour donner naissance à un couple harmonieux.

« J’ai besoin d’harmonie et d’équilibre. Ceci explique l’importance que j’accorde au couple ; mes œuvres suggèrent l’affection, la tendresse, le respect, la protection, tout ce que je dois à une vie en symbiose avec mon épouse. » Rien n’exprime mieux ma conception de l’art que ces deux réflexions d’un sculpteur cubiste, français d’origine russe, Ossip Zadkine, que j’ai découvert lors de mes années d’apprentissages : « le langage de la sculpture est un néant prétentieux s’il n’est pas composé de mots d’amour et de poésie » ; comme un corollaire : « une sculpture réussie est une sculpture que l’on a envie de toucher et de caresser ».

Christian Valette s’est fait rapidement connaitre : sa première participation à une exposition ne remonte qu’à 2009 et, déjà, il est connu à Paris et dans les principales villes européennes, Milan, Amsterdam, Berlin…

Vivant à Sougé mais ayant passé son enfance à Oran, Pierre Delorme s’est dirigé vers l’aquarelle dans un style plutôt figuratif, alors que Christian Valette s’est senti plus à l’aise dans l’abstraction pour donner corps à ses sentiments. Lui a plutôt été marqué par son passé professionnel de costumier de théâtre : « j’utilisais le fusain et le pastel pour faire des croquis de vêtements », se souvient-il.

Pratiquant volontiers le lavis, l’artiste utilise des supports variés comme le papier fort, glacé ou même buvard, le carton et la toile et ne dédaigne pas le recours à des techniques mixtes en mêlant à ces pigments de la poudre de tuffeau ou de la cendre de bois.

S’il n’a pas oublié le cadre de son enfance comme en témoignent plusieurs tableaux dédiés au Maghreb, du Quartier de la Marine à Oran aux bergers du sud de Djanet et à la Casbah des Oudayas à Rabat, il se plait dans les portraits, ou du moins les figurations de personnages, traités avec une grande sobriété, presque monochromes, le noir et le bleu dominant les autres couleurs souvent estompées (exceptions : « Poil de carotte » et « Colette »).

Les femmes occupent la meilleure place. Pierre Delorme leur voit un visage allongé au nez mince et droit, souvent saisi de profil sur un corps longiligne. Sont-ce des apparitions ou des visions tant les formes paraissent allongées et aériennes, ou peut-être sont-elles issues d’un rêve dans lequel la littérature et l’art ont leur part ? Auteurs et héroïnes se succèdent : « Albertine » sortie de l’imagination de l’auteur viennois Arthur Schitzler, « la Mendiante rousse » (Baudelaire), « La Dulcinée de Toboso » (Cervantes), « Ottla », la petite sœur de Kafka, « Colette » elle-même avec sa crinière noire, « Le bleu-gris de Charlotte », jeune artiste juive assassinée à Auschwitz… Quelques personnages masculins ressortent : « Poil de carotte » (Romain Rolland), « Le Clown » et « l’Entreprenant » (Casanova). Ni la photographie (« Chez le photographe ») ni le cinéma (« Madeleine et Sébastien ») n’ont été oubliés. Souvent, une citation vient éclairer le sens du tableau.

                                                                           Xavier Campion

"Un Trôo d'émotion", Atelier de la Gouffrande à Trôo (41800); vendredi, samedi et dimanche de 14h30 à 19h, en semaine sur RDV : T 06 80 63 17 62, 06 88 14 88 11 ou 06 15 68 03 94

#Trôo #AtelierdelaGouffrande #ChristianValette #PierreDelorme #LaurenceBrignon

 

Vous pouvez suivre le Mille-Pattes sur :

Facebook :          https://m.facebook.com/pages/Le-Mille-pattes-Campion/1597797927138358?ref=tn_tnmn&__nodl

             

Twitter:       https://twitter.com/LPattes                              

Et nous contacter via :

overblog41@gmail.com

 

 

 

 

Retour à l'accueil