Ferruchio Brugnaro

Ferruchio Brugnaro

 

Ferrucio Brugnaro est arrivé chez nous comme une surprise, il y aura bientôt sept ans. C’est au mois d’août 2009 que nous avons trouvé dans notre courrier une grosse enveloppe en provenance de la région de Venise. Elle contenait à la fois une notice sur Ferrucio Brugnaro, dont nous ignorions tout, et un ensemble de poèmes intitulé « Ritratto parziale di Maria » (Portrait partiel de Maria). Nous avons publié l’un d’eux dans la petite revue associative que nous animions alors, « Au Fil du Niclos ».

Au début de l’année 2011, nous parvenait un autre envoi  dont nous avons à nouveau extrait une pièce ; le dernier est arrivé à la fin de 2015 ou au début de 2016 (« Mi rifiutero sempre » , « Je refuserai toujours ».) Pour ce que nous en savons, Ferrucio Brugnaro, né en 1936, a commencé à travailler comme ouvrier à partir des années 50 et a toujours manifesté une volonté très forte d’engagement et de militantisme qui a nourri son inspiration.

Dans la décennie suivante, il s’est mis à produire ses premiers textes polycopiés, éventuellement sous forme de tracts ou d’affiches murales, forme d’expression qu’il a encore utilisée à Rome en 1991.

Son œuvre, importante, aux accents protestataires a d’abord été publié en Italie, ce qui ne l’a pas empêchée de trouver une large audience aux Etats-Unis aussi bien en Caroline qu’en Californie, puis en France, en Espagne et jusqu’en Allemagne, en Grèce, en Angleterre et même en Chine.

Présent dans des recueils, dans des anthologies ou encore publié dans des revues Ferrucio a été souvent traduit et sa poésie a fait l’objet de colloques universitaires (une consécration !)

Sur un fond largement rouge, nous retrouvons le poète, Maria et leur « Dyane » dans « Domenica  di Febbrayo ».

 

                                                                   Xavier Campion

 

Domenica di Febbraio 

Abbiamo preso la nostra

Dyane rossa

appena messa a nuovo

ma sempre un po’

sgangherata.

Abbiamo girato a caso oggi

io e Maria

per la campagna.

Siamo andati vicino

ai monti

abbiamo visto la neve

che brillava

come un immenso

focolaio di stelle .

Siamo tornati al tramonto

del sole

e al sorgere della luna

dal celeste ardente

del cielo.

Abbiamo cenato in silenzio

guardandoci

nei nostri reciproci

movimenti.

Ci siamo amati a lungo.

Abbiamo raggiunto felici

tutto lo spazio

e tutta la luce

felici

su tutti i pianeti

felici

in fondo

più in fondo di mille anni

più di quaranta secoli

in fondo in fondo

 

Dimanche de février

Nous avons pris notre

Dyane rouge

tout juste remise à neuf

mais toujours un peu

branlante.

Nous avons vagué au hasard aujourd’hui

moi et Maria

par la campagne.

Nous sommes allés près

des monts

nous avons vu la neige

qui brillait

comme un immense

foyer d’étoiles.

Nous sommes revenus au coucher

du soleil

et au surgissement de la lune

du céleste ardent bleu

du ciel.

Nous avons dîné en silence

en nous regardant

dans nos réciproques

mouvements.

Nous nous sommes aimés longuement.

Nous avons rejoint heureux

 tout l’espace

et toute la lumière

 heureux

sur toutes les planètes

heureux

au fond

plus au fond que mille ans

plus que quarante siècles

au fond au fond.

In « Le Follie non sono più Follie» de Ferrucio Brugnaro (traduction de Béatrice Gaudy)

 

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