Marmoutier

Marmoutier

3. Une arrivée mouvementée à Tours

 

Dans un court intervalle de quatre ans, deux autres évènements allaient encore infléchir le cours de la vie de Martin : La mort de son guide spirituel, Hilaire, en 367, et sa propre élection au siège épiscopal de Tours en 371. Le nouvel évêque, qui aurait peut-être pu succéder à Poitiers même, avait été attiré dans la cité tourangelle, à trois jours de marche, sous un prétexte fallacieux et désigné par les acclamations populaires, contre son gré et celui de certains opposants qui lui reprochaient une tenue trop humble.

Il ne faut pas oublier que les évêques avaient commencé à jouer un rôle administratif et même politique important en raison du déclin des institutions impériales qu’ils concurrençaient ou auxquelles ils été amenés à se substituer. Aussi certains patriciens pouvaient-ils songer à embrasser une carrière ecclésiastique séculière. Rien n’était plus étranger à la vocation de Martin qui entendait partager son temps entre la vie monastique qui lui était chère et l’évangélisation des campagnes, celles-ci formant le gros de son diocèse et restant attachées à la religion traditionnelle.

La naissance de Marmoutier

Pour continuer à vivre en retrait du monde, après avoir habité une maisonnette près de sa cathédrale, Martin fonda, en 372, non loin de la ville, sur la rive droite de la Loire, le monastère de Marmoutier.

A l’époque, le lieu, situé au pied d’une falaise était isolé, l’agglomération étant loin d’occuper sa superficie actuelle. D’autre part, il ne faut pas se représenter ce monastère comme ceux que nous pouvons visiter de nos jours : plutôt qu’un ensemble ordonné et hiérarchisé de bâtiments, c’était une sorte de campement installé avec des moyens qui n’étaient pas considérables. Nous savons par son biographe, Sulpice Sévère (2), que Martin s’était construit une cellule en bois tandis que ses disciples, environ 80, se creusaient des logements troglodytiques dans le tuffeau de la falaise. Personne ne possédait rien en propre et tous se tenaient dans leur demeure, sauf à l’heure de la prière et du repas frugal pris en commun. Le travail manuel était ignoré.

Dans ces conditions, de quoi Martin et ses compagnons pouvaient-ils bien vivre ? Sans doute, certains jouissaient-ils d’une fortune qui, même après redistribution, leur permettait de subvenir aux besoins, sans doute modestes, de la communauté ; il est probable qu’il se trouva également des bienfaiteurs et des bienfaitrices. L’on ne sait trop s’il faut compter parmi les ressources le produit des pêches miraculeuses attribuées à Martin !

Il ne faut pas croire que la vie à Marmoutier fut toujours paisible : il y eut des dissensions et surtout, suivant un modèle qui perdurera jusqu’au saint curé d’Ars, Martin dut à plusieurs reprises affronter le diable, soit dans sa propre cellule, soit à l’extérieur, à l’occasion de cas de possession.

Nous avons d’autant moins de renseignements sur l’histoire de Marmoutier pendant les siècles qui suivirent la mort de Martin que celui-ci fut inhumé à Tours même à l’endroit où seraient édifiées une basilique puis l’abbaye Saint-Martin qui concentreraient son souvenir et deviendraient le siège d’un important pèlerinage. Marmoutier connut une succession de moments de prospérité, de destructions, d’usurpations, de restitutions ou de donations. Si, au XIème siècle, ses possessions étaient surtout situées au sud de la forêt de Gastines et de Vendôme, il n’empêche que l’abbaye détenait quatre prieurés dans le Vendômois, dont l’un à Lavardin (Saint Gildéric devenu Saint Martin) ainsi que des églises et des terres auxquelles devaient s’ajouter, au XIIème, Notre-Dame des Marchais à Trôo.

  1. Sulpice Sévère (360-420), d’abord avocat à Bordeaux, il mena une vie ecclésiastique après la mort de sa femme. Il fit le voyage de Tours pour y rencontrer Martin dont il écrivit une « Vie » du type laissé par les auteurs latins classiques, afin de démontrer que celui-ci surpassait ses modèles orientaux (égyptiens notamment) ; la valeur historique de l’ouvrage a été réévaluée par des travaux récents.

                                                                    Xavier Campion

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