Abbaye de Ligugé

Abbaye de Ligugé

 

De l’été de la Saint-Martin à la Saint-Martin d’été

Depuis le 11 novembre 2015, le monde catholique est entré dans une année jubilaire consacrée à saint Martin de Tours. Le terme « année » n’est toutefois pas vraiment approprié puisque celle-ci compte à peu près dix-huit mois , le terme étant fixé au 4 juillet 2017. L’occasion est fournie par le 1 700ème anniversaire de la naissance de « l’apôtre de la Gaule » (vers 315). La date du 11 novembre, celle de la fête du saint qui correspond, non à celle de sa mort à Candes (le 8 novembre 397) mais à celle de son inhumation à Tours a été occultée depuis près d’un siècle par une autre commémoration. Le 4 juillet, lui, semble rappeler à la fois l’ordination de Martin comme évêque de Tours (370 ou 371) et la translation de son corps dans l’église placée sous son vocable (en 461, suivant Jacques de Voragine).

Si la vie de saint Martin ne concerne pas directement le Vendômois, bien que cet évêque, toujours par monts et par vaux et grand voyageur, ait pu prêcher dans l’un de ses villages ou de ses bourgs et ait certainement traversé le pays, ne serait-ce que pour se rendre à Chartres, l’on connait le rôle que les moines de l’abbaye de Marmoutier, dont il fut le fondateur, concurrents de ceux de la Trinité à Vendôme, ont joué dans notre région.

La longue vie de Martin couvre à peu près ce IVème siècle qui correspond à la diffusion du christianisme dans la Gaule ; l’on peut penser à Julien du Mans, à peu près contemporain de Martin qui évangélisa le bas Vendômois et le Maine avec les mêmes méthodes. Elle parait assez étonnante en raison de l’itinéraire –à la fois spirituel et physique – du saint et de ses déplacements dans un Empire qui parvenait à assurer encore un minimum d’administration et de sécurité en préservant son unité.

Des débuts militaires et militants

Né en Pannonie (Hongrie) où son père, tribun militaire, était en garnison, Martin suivit celui-ci en Italie du nord, à Pavie, l’heure de la retraite ayant sonné. Il y fréquenta quelques cercles chrétiens. En 331, à 15 ans, il fut appelé à servir pour vingt-cinq ans dans la garde impériale à cheval stationnée à Amiens. Il s’y distingua par un comportement inspiré par ses nouvelles convictions, marqué en 335 par deux évènements dont le premier eut un profond retentissement : le partage du manteau (en fait, une chlamyde blanche d’uniforme) avec un malheureux, geste caritatif magnifié par l’hagiographie qui devait demeurer dans la mémoire collective ; on devait même lui attribuer le surnom porté par la « troisième race » des rois de France jusqu’à la Révolution, en raison du fait que ceux-ci étaient abbés laïques du monastère tourangeau censé conserver la moitié du manteau,(« cappa ») gardée par le saint ; il semblerait, en fait, que ce surnom, tardivement attesté, ait trouvé son origine dans les habitudes vestimentaires d’Hugues le Grand.

L’étape poitevine

Le second évènement, sans doute le plus important aux yeux de Martin lui-même, fut son baptême. Son temps de service terminé en 356, celui-ci s’empressa de rejoindre l’évêque de Poitiers, Hilaire, dont la réputation de ferveur, de rectitude et d’austérité était solidement établie, avant de partir revoir ses parents retournés en Pannonie. Ce grand voyage fut émaillé d’incidents et de péripéties en rapport avec la plus importante de ces nombreuses hérésies écloses à la suite de la reconnaissance de la liberté de culte (édit de Milan 313), l’arianisme précisément combattu par Hilaire, exilé pour un temps (1). Après le rappel de celui-ci, Martin revint à Poitiers pour s’installer dans un ermitage, un peu à l’écart de la ville, à Ligugé, un lieu déserté. C’est là qu’il connut une première tension : sans doute voulait-il demeurer dans la solitude mais sa vie exemplaire ne pouvait que lui attirer des disciples. Sur la rive gauche du Clain, l’abbaye bénédictine revendique le titre du « plus ancien monastère d’Occident ».

  1. L’arianisme du nom d’Arius, prêtre d’Alexandrie, au début du IVème siècle, a tenté de résoudre le problème de la Trinité en affirmant la plénitude de Dieu le Père au prix de la subordination du Fils, alors que le concile de Constantinople devait maintenir l’identité de substance et de statut des deux personnes, au prix d’un « mystère », évidemment peu accessible à la compréhension ; d’où le ralliement d’une grosse partie du clergé à l’hérésie. Il faut noter que les peuples germaniques s’étaient convertis à celle-ci, à l’exception notable des Francs qui devaient retourner la situation avec Clovis (baptisé vers 498) et s’imposer par là comme « fils aînés de l’Eglise » et partenaires privilégiés de la papauté.

                                                                               Xavier Campion

 

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