Le monde ne s'arrête pas à nos frontières

Le monde ne s'arrête pas à nos frontières

Adresser ses voeux à la Nation est loin d'être un exercice toujours facile; pour nous, il a d'ailleurs fallu attendre l'avènement de la Vème République pour que nos chefs d'Etat s'y risquent avec plus ou moins de bonheur. L'un de nos lecteurs leur propose un canevas qu'ils feraient bien, à tout le moins, de méditer.

 

                                   Mes chers Concitoyens

 

Je n’ai aucun titre pour m’adresser à vous ce soir : je n’ai jamais affronté le suffrage universel, je ne suis ni milliardaire ni SDF, je n’ai réussi, ni même tenté aucun exploit, je n’ai pas de talent artistique et la seule présidence que j’aie jamais exercée  est celle, purement symbolique, d’une amicale de footballeurs ; Il n’empêche, j’ai envie de vous présenter mes vœux pour cette nouvelle année et donc, simplement, je le fais.

Je dois cependant reconnaitre que présenter des vœux à plus de 66 millions de Français est un exercice un peu prétentieux et parfaitement inefficace. Rien n’est jamais certain, bien sûr, mais quelques uns  d’entre vous, que j’espère le moins nombreux possible, ont déjà, dès le départ, la certitude qu’ils auront une année difficile, voire pourrie :  ce sont ceux qui doivent se battre contre la maladie, le chômage, la solitude, la violence, l’indifférence, l’humiliation. Que vous souhaiter, si vous êtes de ceux- là, sinon de conserver la force de vous battre encore et de croire en un éventuel miracle ? En réalité, on ne peut que penser à vous, ne pas vous oublier dans l’euphorie de commande des fêtes de fin d’année.

Pour les autres, c’est plus simple puisque vous ne savez pas ce qui vous attend ; en ce début d’année tous les rêves sont permis, et je vous souhaite à tous d’en voir se réaliser le plus possible. Mais s’il est bon d’avoir la tête dans les étoiles, attention tout de même à bien garder vos pieds sur terre !  C’est une formule un peu éculée, mais elle résume bien les souhaits que je forme : soyons ambitieux, inventifs entreprenants, voire utopistes, c’est la seule façon de préparer l’avenir, mais gardons à l’esprit que nous sommes sur terre et sur  la  Terre encore pour un bon moment.

Avoir les pieds sur terre, c’est conserver un regard critique, se méfier des modes et des emballements, analyser et essayer de comprendre avant de juger. Appliqué aux dernières décennies, c’aurait été de ne jamais prendre pour argent comptant les promesses des hommes et femmes politiques… Je rêve d’un pays où les politiques puissent se faire élire en s’appuyant sur un vrai programme et un discours de vérité et non sur des promesses dont ils sont certainement conscients qu’ils ne pourront jamais les tenir. Ce n’est qu’un rêve, mais c’est aussi un vœu, et nous, électeurs, avons le pouvoir qu’il devienne réalité !

Etre sur la terre, c’est avoir conscience que notre planète est une et unique et que, loin s’en faut, nous n’y sommes pas les seuls. Nous sommes fiers de la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais a-t-elle un sens quand nous oublions que nous faisons partie de la communauté humaine mondiale et que nous nous réfugions derrière les frontières de notre commune, de notre région ou de notre pays pour nous protéger de l’étranger ? Notre niveau de vie, dont nous ne sommes jamais satisfaits bien qu’il soit l’un des plus hauts de la planète, n’est- il pas dû à l’importation de matières premières et de marchandises produites à bas coût dans les pays dit émergents ?  L’écart actuel de revenu entre pays riches -1/6 eme des habitants- et pays pauvres-le reste- est-il viable à une époque où informations et désinformations circulent partout ? Ces questions sont rarement posées dans les débats publics… et aussitôt oubliées, à l’exemple de la fameuse fracture sociale qui ne tint la vedette des médias que le temps d’une campagne électorale. Le dernier vœu que je formule est que tous, nous prenions un peu plus de hauteur de vues et arrêtions de considérer que le monde digne d’attention s’arrête au coin de la rue.

Le jour où l’on nous parlera de citoyens du monde, plutôt que de patriotes français, voire corses, nous aurons réellement fait un progrès. Encore une fois, il est permis de rêver… c’est même salutaire !

 

                                                        Un citoyen (du monde) anonyme

#voeuxàlaNation #citoyen

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