Le grand retable
Le grand retableLe grand retable

Le grand retable

 

Sur la route des retables

Le grand retable qui a remplacé la verrière du chevet, forme un ensemble homogène, classé Monument Historique en 1908, non seulement avec les deux plus petits qui l’encadrent mais aussi avec ceux situés dans la nef de part et d’autre de l’entrée du choeur. Les cinq peuvent être datés du second quart du XVIIIème siècle, c’est-à-dire d’une époque qui prolonge la Contre-Réforme dans ses aspects didactique et « triomphaliste ». Alors que les retables ne sont plus composés de simples panneaux peints, éventuellement sculptés de bas-reliefs, mais deviennent de véritables monuments, ils se voient confier le soin de l’enseignement de l’Eglise par l’image au détriment du vitrail dont l’art périclite avant de renaitre au XIXème. Les anciens vitraux sont souvent déposés pour laisser entrer le jour ; certains se perdent, d’autres sont exportés et l’on en retrouve en Angleterre !

Ce retable, en tuffeau, situé derrière le maître-autel a été élevé par Marin Lorrain sur les plans d’un architecte tourangeau. Il porte un riche décor exécuté par Jean-Jacques Lemaire, le premier d’une lignée d’artistes manceaux. La partie centrale est occupée, non par un tableau, mais par un bas-relief exceptionnel en terre cuite polychrome, le baptême du Christ, une scène toujours en rapport avec le patronage de l’église ; dans un encadrement doré, au bord du Jourdain, Jean procède au baptême, sous le regard d’un Dieu rayonnant, l’utilisation de la ronde-bosse accentuant le réalisme. De chaque côté et en-dessous, des motifs également dorés se détachent sur le fond blanc : grappes, épis… disposés symétriquement pour les uns, instruments de musique pour les autres. La prédelle et le tabernacle à deux étages portant un ciboire et un calice sont traités de la même manière. Ils surmontent l’autel de marbre rouge veiné entouré d’un bandeau noir et faisant voir en son centre l’agneau mystique. L’emploi de cette pierre et de ces couleurs pour les colonnes et les pilastres qui encadrent les retables et pour les autels du chœur et de la nef porte la marque de l’école lavalloise.

A droite et à gauche du retable principal, ont été installées deux statues de terre cuite polychrome, la dernière peinture remontant au XIXème, saint Pierre à droite et  saint André à gauche bien reconnaissables à leurs attributs respectifs, la grosse clef et la croix en sautoir. La qualité du travail, l’expressivité des personnages et le rendu des drapés permettent une attribution à l’artiste manceau Etienne Doudieux, actif entre 1660 et 1706. Les deux œuvres, qui figurent parmi les rares rescapées de l’incendie de 1705 ont été conservées et ont donc trouvé une nouvelle place, chacune ornant un petit retable complétant le grand ensemble.

                                                                 A suivre

                                                                              Xavier Campion

 

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