Pierre Heudier, vice-président des "Amis d'Alain"

Pierre Heudier, vice-président des "Amis d'Alain"

Il y a une quinzaine de jours, le point lecture de Ternay avait choisi de proposer une réunion autour de Pierre Heudier sur l’attitude d’Alain à l’égard de la guerre en général et de la Grande Guerre en particulier. Dans le voisinage de Montoire et bien au-delà, beaucoup connaissent cet universitaire atypique qui, quand il ne joue pas d’une flûte médiévale ou de l’accordéon se fait le propagateur inlassable de la pensée du philosophe à travers de multiples interventions.

Ancien élève de Normale Sup, agrégé, Alain (Emile Chartier 1868-1951) a exercé son métier de professeur dans différents lycées de l’Ouest enfin à Henri IV (Paris). Soucieux d’éducation populaire, il s’est d’abord fait connaitre par ses « Propos » publiés dans la presse, réflexions souvent inspirées par l’actualité. Contemporain de la IIIème République, il a été considéré comme le grand théoricien du radicalisme. Méfiant à l’égard du pouvoir qui utilise les passions à son profit, il ne peut qu’être hostile à la guerre qui favorise la tyrannie ( « Ce que j’ai ressenti le plus vivement dans la guerre, c’est l’esclavage ») au prix des destructions et du « massacre des meilleurs ».

Engagé volontaire en août 1914, à 48 ans, par solidarité ( « je ne supportais pas de savoir que d’autres se battaient pour me conserver certains avantages ») et paradoxalement pour conserver sa liberté (« je m’enfuis aux armées, aimant mieux être esclave de corps que d’esprit »), le philosophe se vit affecté à l’artlllerie lourde où il voulut rester simple soldat pour partager la vie des hommes du rang dans les tranchées.

Evidemment, cette expérience, dont il tira l’une de ses œuvres les plus connues, « Mars ou la guerre jugée », conforta ses convictions touchant la logique perverse du pouvoir, en particulier du pouvoir militaire, qui assimile l’homme au matériel ; en même temps, il exprimait toute son aversion pour « les bourreurs de crâne » de l’arrière  ( « l’assassin, ce n’est pas l’Allemand mais le Français dans son fauteuil »), celui-ci invoquant impudemment un honneur national qui est comme « un fusil chargé ».

En 1916, après Verdun, Alain signera une lettre « au peuple allemand » pour une « paix noble », ,ont on ignore le destin ; en avril 1917, il recevra la croix de guerre avec citation à l’ordre de l’armée avant d’être réclamé par son lycée au mois d’octobre.

#Ternay #PierreHeudier #Alain #GrandeGuerre

Vous pouvez suivre le Mille-Pattes sur :

Facebook :          https://m.facebook.com/pages/Le-Mille-pattes-Campion/1597797927138358?ref=tn_tnmn&__nodl

             

Twitter:       https://twitter.com/LPattes                              

Et nous contacter via :

overblog41@gmail.com

Retour à l'accueil