L'arrondissement de Vendôme

L'arrondissement de Vendôme

 

Comme nous l’avons brièvement indiqué par ailleurs, réuni à Savigny le 3 décembre, le conseil de la Communauté Loir et Braye a pris parti par 29 voix contre 17 en faveur du projet de regroupement autour de Vendôme ; elle est allée ainsi à l’encontre de la majorité des conseils municipaux de l’arrondissement et de la Communauté du Pays de Vendôme, la première intéressée, elle-même.

Nous ne reviendrons pas sur le gros des débats dont la presse (voir la dernière livraison du « Petit Courrier-L’Echo » a rendu compte de façon assez complète ; nous nous attarderons seulement sur quelques points.

Les principes

En premier lieu, puisque la discussion a parfois atteint le niveau des principes, il peut ne pas paraitre anormal qu’il ait été question de la mutualisation, d’un côté comme de l’autre. Une telle volonté existe-t-elle entre Loir et Braye ? Quel en serait le  moteur puisque tous s’accordent sur l’absence de projet fédérateur ? N’est-ce pas cette carence qui explique le besoin de se cramponner à Vendôme ? En fait le véritable problème est celui-ci : mutualiser n’est pas nécessairement une affaire de compétences, mais seule une opération formelle permet de recueillir des recettes supplémentaires voire d’obtenir le transfert d’une charge et d’un financeur à un autre, sans économie réelle ! Aucun « miracle » vendômois ne résoudra ce problème.

Puisque nous en sommes aux grands principes, il est temps d’en venir à la démocratie. Alors que les uns ont démonté (les autres les ayant déplorées) les conditions obscures dans lesquelles le projet de coopération intercommunale avait été produit, certains ont avancé que le vote des élus effaçait cette tache originelle. Argument étrange pour qui se souvient que le projet vise l’ensemble de l’arrondissement et que la majorité des conseils municipaux du même arrondissement l’ont rejeté !

Tout bois étant propre à fournir des flèches, on en a d’ailleurs appelé du pays légal  à la volonté du pays réel, supposée favorable à ce rassemblement. Sans revenir à la façon dont cette volonté a pu être confisquée  après le dernier référendum sur le traité de Maastricht, on peut se demander pourquoi les instigateurs du projet se sont bien gardés de mettre en place toute consultation ou même  toute réunion d’information publique ! Certains analystes (voir la « NR » du 8 décembre) ont d’ailleurs attribué à l’affaire de la communauté à 105, une partie du vote FN, « moyen pour les électeurs de répondre à une question qu’on ne leur a pas posée ».

Bassins de vie et pôles territoriaux

Troisièmement, le projet de grande communauté prend clairement appui sur la reconnaissance du rôle central de Vendôme, ville autour de laquelle se serait constitué un bassin de vie aux dimensions de l’arrondissement. L’argument a sans doute perdu une partie de sa pertinence avec le transfert à Blois de certains services de l’Etat, des tribunaux et le développement de la télématique ; il apparait aussi plus pratique à certains de prendre le TGV à Tours ou au Mans ou d’y faire quelques courses ! D’un autre côté, l’observation de la vie quotidienne montre la persistance de beaucoup de petits bassins dont le rôle n’est pas négligeable : entre Montoire et Vendôme, les flux s’équilibrent. Enfin, qu’en serait-il de la proximité chère au monde rural ? La réponse serait la création de pôles territoriaux correspondant aux communautés de communes actuelles et à leurs bassins de vie. Ces pôles seront-ils de simples courroies de transmission ou de véritables centres de décision ? Nul ne le sait mais chacun peut s’interroger sur la pertinence et le coût supplémentaire de ce nouvel étage de la pyramide et, en définitive sur l’intérêt de la structure tout entière.

La commune nouvelle 

C’est à propos de cette notion apparemment élastique de bassin de vie qu’a été également abordée la création de « communes nouvelles » regroupant d’anciennes municipalités désormais « communes déléguées » au sein d’une collectivité unique se substituant à elles et seule dotée de la compétence générale. Le recours à cette procédure, à une échelle raisonnable, permettrait d’allier proximité et mutualisation. Déjà évoqué dans cet esprit par les « anti-105 » soucieux de ne pas « mettre la charrue avant les bœufs », il l’a été à plusieurs reprises, dont le 3 décembre, par Guy Moyer. Plusieurs communes nouvelles existent déjà ( par exemple Beauce-la-Romaine, naguère Ouzouer le Marché…) et leur nombre ne cesse de croître ; d’autres sont en discussion (autour de La Chartre…).

Si le président, Philippe Mercier, a relevé que ce problème n’était pas de la compétence de la Communauté, il a reconnu que celle-ci pouvait donner l’impulsion nécessaire, Gilles Strecker, (vice-président mais anti 105) demandant même qu’un agent soit recruté pour cette mission. « Monique Richard (maire de Couture) et moi sommes en train de réfléchir sur la constitution d’une commune nouvelle réunissant Tréhet, Couture et peut-être d’autres communes contigües. » a révélé Philippe Mercier.

Nous ne pouvons que souhaiter le succès de cette démarche comme celui d’autres !

                                                             

                                                                  Xavier Campion

 

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