Sophie
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Sophie

 

Je suis une jolie petite chatte tigrée avec des taches blanches. Je suis née, il y a six ans dans une famille heureuse. Ma maman, Krista, à laquelle je ressemble beaucoup avait eu quatre bébés. Maman, mes frères et sœurs et moi vivions des jours heureux. Mais très vite,  J’ai commencé à être  désobéissante et ma maman me rappelait souvent à l’ordre d’un coup de patte vigoureux. Je n’avais pas le droit de sortir du jardin des Deux-Pattes chez lesquels nous vivions, très confortablement, je dois le dire. Oui, mais quand on est un petit chat âgé de trois mois, on a envie de voir le monde, de rencontrer d’autres chats. Un jour, une porte entrebâillée, m’a enfin permis de m’échapper. Le bonheur de ce premier moment de liberté, je ne l’oublierai jamais, pas plus que le moment où, le soir venu, je me suis retrouvée complètement perdue au bord d’une route. J’ai miaulé désespérément « Mâou, mâou, mâou, maman, maman…. » Personne pour me répondre. J’étais fatiguée, j’avais faim, j’étais mouillée, j’avais froid et j’ai continué à marcher, à marcher… jusqu’à une maison ; j’ai d’abord cru que c’était la mienne puisqu’il y avait des Deux-Pattes à l’extérieur. Hélas non ! Leur énorme chien  m’a vue et il s’est mis à aboyer comme un fou tant et si bien qu’ils ont cherché ce qui l’excitait à ce point et qu’ils m’ont découverte, petite boule de poils recroquevillée, mouillée, apeurée. Une Deux-Pattes m’a attrapée, séchée et a cherché si j’avais un collier ou un tatouage… Je n’avais, hélas, rien de tout cela. « Nous ne pouvons pas la garder, Tristan (le chien) n’en ferait qu’une bouchée. »

Ils ont décidé de me confier à la Société Protectrice des Animaux pour que je sois adoptée. Ils m’ont emmenée dans une grande maison où il y avait plein de chiens et plus encore de chats. Les bénévoles qui s’occupaient de nous étaient très gentils ; nous étions bien nourris et bien soignés. Mais, il y a tellement d’animaux abandonnés que malgré leur bonne volonté et leur gentillesse, ils n’avaient pas beaucoup de temps à accorder à chacun d’entre nous. Je me suis donc retrouvée dans une grande cage que je partageais avec trois gros matous un peu grincheux qui ne se souciaient guère de moi, pauvre petit bébé chat !

De nombreux Deux-Pattes venaient au refuge pour adopter un chien ou un chat ; mais il arrivait chaque semaine beaucoup d’animaux abandonnés. Personne ne me remarquait ! J’étais de plus en plus triste et solitaire alors que j’aurais voulu jouer et me pelotonner sur des genoux. Trois longues années se sont écoulées. Personne, personne ne voulait de moi. J’étais pourtant mignonne avec mon pelage tigré , ma petite bavette, blanche tout comme le bout de mes pattes.

Un jour, des Deux-Pattes, un homme et une femme sont arrivés au refuge ; ils voulaient, disaient-ils adopter un chat mais de couleur noire ; je n’avais aucune chance… ceux-là, non plus ne voudraient pas de moi. Ils tournaient autour des cages - nous étions 120 à ce moment-là – Elle a dit « toutes ces pauvres bêtes abandonnées ! Nous n’avons pas le droit d’en choisir une à cause de sa couleur ! » Une des bénévoles m’a attrapée et leur a dit « Regardez celle-là, elle est toute mignonne ! » « C’est vrai ! – ont-ils répondu- et elle a un air très malicieux, elle doit savoir faire plein de bêtises » « Ce n’est pas encore mon jour de chance –ai-je pensé ». L’homme est parti, j’étais totalement déprimée ; quelques minutes plus tard, il est revenu avec un grand sac doté de petites fenêtres ; la femme est entrée dans ma cage, les gros matous lui ont craché dessus, mais elle  n’a pas reculé. Elle m’a prise dans ces bras et m’a installée dans le sac. Cela, je n’ai pas trop aimé. Ils ont fermé le sac, nous sommes allés au bureau où on leur a donné mon passeport et fait toutes sortes de recommandations. L’homme a pris le sac et l’a déposé à l’arrière de ce qu’ils appellent une voiture ; le moteur a démarré, j’ai été secouée, ballotée  et du coup,  j’ai beaucoup pleuré. Enfin, nous sommes arrivés ; ils ont descendu le sac et ils l’ont ouvert ; j’étais arrivée dans une maison que je ne connaissais pas ! J’avais peur de tout et je me suis cachée au milieu de livres et de piles de papiers. Je ne bougeais pas de crainte que l’on me découvre. Soudain, j’ai entendu un bruit familier, celui des croquettes qui s’entrechoquaient ; difficile de résister lorsque l’on a faim ! J’ai pris mon courage à deux pattes , je suis sortie de ma cachette et j’ai trouvé les croquettes qui m’attendaient.

Par la suite, j’ai pris de l’assurance et je me suis aperçue qu’avec un peu de volonté et de persévérance, on pouvait facilement apprivoiser les Deux-Pattes. Ceux-là répétaient tout le temps « pauvre petite bête qui a été enfermée pendant trois ans… il faut lui donner de bonnes choses à manger ! » Là, j’ai tout de suite compris et je leur ai fait entendre que j’acceptais de partager leur repas et que j‘étais prête à goûter de tout. Ils disaient « ce petit chat est un gourmet, elle mange de tout… » A propos j’ai oublié de vous dire qu’ils m’avaient donné un nom « Sophie », en souvenir d’un livre qu’ils avaient lu, il y a très longtemps, et dont l’héroïne était une petite fille pas très sage. Il est vrai que je suis un vrai petit diable mais « elle est tellement mignonne et intelligente… qu’on lui pardonne tout », disent-ils. Ils ont raison, je suis une petite chatte géniale. Savez-vous comment je les réveille le matin dès que j’ai faim ? Je jette par terre d’un coup de patte tout ce qui est posé sur les meubles. Mon plus bel exploit, avoir fait tomber le réveil ! Ils crient un peu mais je n’ai même pas peur !

Un jour prochain, j’envisage d’ouvrir un cabinet spécialisé dans l’éducation des Deux-Pattes ; vous verrez, je le ferai.

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L’histoire de cette petite chatte qui a fini par trouver des maîtres ne doit pas faire oublier qu’ils sont nombreux, chats, chiens… à se retrouver dans les refuges. Enfants et adultes, si vous adoptez un animal, c’est pour la vie. Rien de pire pour eux que de connaitre l’attention et la tendresse et d’être rejetés du jour au lendemain, parce que l’on part en vacances ou que l’on ne veut plus d’eux. Le 28 janvier 2015, l’Assemblée Nationale a voté une loi reconnaissant l’animal comme un être vivant doué de sensibilité, il faut espérer que les humains de tous âges en tiendront compte.

                                                                         Sabine Campion

#chatsetchiens #SociétéProtectricedesanimaux

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