La ruralité sera-t-elle abandonnée ?

La ruralité sera-t-elle abandonnée ?

 

« Si on renonce à la révolte, on tombe dans la niaiserie » (Lettre à Marie-Monique Morre Lambelin)

Sous le titre « Propos impertinents (1906-1914) », Pierre Heudier, vice-président des « Amis d’Alain », a rassemblé un certain nombre de textes extraits  des « Propos d’un Normand », chroniques quotidiennes publiées dans la « Dépêche de Rouen et de Normandie » entre le 16 février 1906 et le 1er septembre 1914 (Il en paraitra au total 3 083). Ces articles sont écrits bénévolement par Emile Chartier, plus connu sous le nom d’Alain, professeur, journaliste, écrivain, philosophe qui enseignera en khâgne au Lycée Henri IV à Paris à partir de 1909 et exercera sur ses étudiants une influence marquante .

Méfiant à l’égard du pouvoir, il pense que le peuple doit recevoir une éducation suffisante pour jouer son rôle véritable au sein de la démocratie. « Enfin on saisit très bien que par le jeu des passions, le pouvoir corrompt tout ce qu’il touche…le contrôle du peuple , aussi pressant, aussi défiant qu’on voudra, est le meilleur des remèdes… ».

Dès l’école « Il faut que l’enfant vienne à mépriser les histoires niaises, les expériences fulgurantes, le cinéma, enfin tous les jeux d’imagination .

Il faut passer de l’imagination à l’entendement… »

Chaque individu a le devoir d’utiliser son jugement pour ne point se laisser berner par les promesses (souvent jamais tenues) de ceux qui les gouvernent : « Savoir et ne point faire usage de ce que l’on sait, c’est pire qu’ignorer. » (« Propos sur l’éducation » 1932).

« Un peuple instruit qui délibère et discute ; un peu éclairé par des spécialistes, éclairé par ses représentants et non  pas gouvernés par eux ». Ecrit en 1906, ce texte est toujours d’actualité, peut-être encore bien plus qu’à l’époque. Les medias modernes tendent en effet à pervertir le système et à transformer les citoyens en moutons de Panurge, chacun devrait être capable de forger sa propre réflexion, son propre avis.

Notre territoire n’échappe pas à cette réalité

Ainsi aujourd’hui, on nous dit, « 36 000 communes en France, c’est trop » et cela personne ne peut le nier. « Alors, ajoutent ceux qui dirigent, nous allons faire une grande communauté qui réunira 105 communes », peu importe que celles-ci soient en plein cœur d’une zone rurale sans aucun moyen de communication hormis la voiture individuelle ; peu importe que les personnes âgées qui y vivent soient éloignées de tout : des soins, de l’administration… ; peu importe que les enfants qui y sont élevés n’aient aucune chance de bénéficier des équipements sportifs, culturels ou autres beaucoup trop éloignés.

Peut-être faudrait-il réfléchir à une évolution différente au sein d’un ensemble ; certes il faut mutualiser et on peut le faire avec profit dans certains domaines à grande échelle ; mais avant de rassembler 105 communes dont certaines n’ont rien en commun avec les autres, on pourrait imaginer des regroupements de communes sous la forme de communes nouvelles qui constitueraient des entités suffisamment importantes pour faire entendre leur voix et pour conserver à chaque partie du territoire sa spécificité.

Avec une communauté à 105 communes, demain que vaudra la voix du maire d’un village de 100, 400 ou même 1 000 habitants ? Quelles possibilités aura-t-il de participer à toutes les commissions et tous les comités qui se réuniront à 50 ou 80 km de chez lui. On voudrait étouffer la ruralité qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! Le monde évolue très vite, mais faut-il pour autant étouffer ce qui reste un pan important de notre économie, l’agriculture ?

Le mariage forcé de la ruralité et de la cité engendrera nécessairement des rancoeurs et des plaies qui ne guériront pas facilement. Pourquoi aller si vite ? pourquoi ne pas respecter certaines étapes ? pourquoi surtout ne pas consulter les citoyens ? Personne ne peut s’arroger le droit de décider de leur avenir à leur place.

Qu’on ne s’y trompe pas ! Une majorité est d’accord pour mutualiser ce qui peut l’être mais nombreuses sont les voix qui s’élèvent contre une méthode autoritaire et centralisatrice que l’on croyait appartenir au passé.

Pour que la démocratie soit respectée, il faut que chaque interlocuteur puisse peser sur les décisions et, pour le moment, ce n’est pas le cas. La création de communes nouvelles parait un préalable indispensable au regroupement.

                                                                                           S.C

#Alain #réformeterritoriale #communauté à 105 #communenouvelle #ruralité

 

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