La colline de Trôo

La colline de Trôo

 

Après l’avis de Guillaume Henrion, ancien maire de Sasnières et vice-président de la Communauté du Pays de Ronsard, « le Mille-Pattes » est heureux de publier celui de Jean-Luc Nexon, maire de Trôo, dont on n’a pas oublié l’intervention, à la fin de l’an dernier, sur le financement de la collecte des ordures ménagères par la Communauté Loir et Braye.

Le projet d’intercommunalité à 105 communes, tel qu’il nous est présenté, amène de nombreuses interrogations.

En premier lieu, pour beaucoup de monde, cela semble prématuré et trop rapide.

Les communes, telles que nous les connaissons aujourd’hui datent du 18ème siècle. Peut-on balayer aussi facilement plus de 200 ans de l’histoire de la France?

Ensuite, même si, dans d’autres régions, des projets similaires sont en cours, est-ce vraiment là, LA survie de notre ruralité ? Et, dans ce cas, pourquoi le préfet ne propose-t’il pas l’équivalent dans le sud du département ?

Il est demandé aux conseils municipaux de donner leur avis avant début décembre sur quelque chose qui ressemble plus à une coquille vide qu’à un véritable projet, correctement étudié et réfléchi, avec une organisation claire et précise. Tout ce que l’on connait aujourd’hui, c’est, sans certitude, le nombre de délégués et de vice-présidents avec une absence totale de transparence.

La présentation de l’étude de KPMG, qui m’est apparue relativement objective, quoique très incomplète, n’a pas réellement démontré que la fusion à 105 était, fiscalement parlant, beaucoup plus avantageuse que les autres scénarios envisagés. En revanche, l’accent a été mis sur les conséquences géographiques que cela impliquerait. Comment pourra-t’on faire cohabiter des territoires et des bassins de vie très différents les uns des autres, et avec une distance de 80 kilomètres entre les communes les plus éloignées ? Pour pallier à cet inconvénient, il est proposé de mettre en place des « gouvernances locales » ; cela revient à démanteler les structures existantes et à recréer pratiquement la même chose ! Où est l’intérêt ? Où sont les économies ? Ce qui est aussi à craindre, c’est que certains délégués, pouvant difficilement se faire entendre, se lassent très vite de faire plus d’une heure de route pour se rendre aux réunions ! C’est déjà ce que l’on constate dans certaines assemblées où le quorum est parfois difficilement atteint.

Une autre question qui a toute son importance aussi : combien coûtera cette « usine à gaz » ? A ce jour, personne n’est capable de répondre ! En face des hypothétiques recettes, il faudrait peut-être indiquer les coûts.

A la question sur l’avenir du personnel actuel, les réponses ont été plus que floues ; on nous promet de garder tous les salariés, mais qui peut garantir qu’il n’y aura pas de doublons, ni de déplacements ?

Un autre aspect qui est totalement scandaleux, c’est la méthode utilisée pour faire passer ce projet. En décembre dernier, en réunion de CCVLB, ce même projet nous avait été présenté en nous demandant de financer une étude sur ce sujet, sachant que, au motif que les cinq autres  communautés de communes du Vendômois étaient censées avoir déjà délibéré dans ce sens. Il n’y avait pas besoin d’être surdoué pour comprendre que les dés étaient  pipés, et que cette étude n’était, en réalité, mise en avant que pour endormir les plus réticents.

Ensuite, à aucun moment, il n’a été question de ce projet ; tous attendaient les résultats de l’étude pour se faire une idée plus précise des différentes options qui nous seraient offertes, d’autant plus qu’entre temps, la loi NOTRe (7 août) était venue assouplir certaines contraintes et offrait la possibilité à la CCVLB de ne pas fusionner si elle le souhaitait.

Alors qu’aucune information n’avait été donnée, qu’aucune consultation des délégués de la CCVLB n’avait été effectuée et que KPMG n’avait pas terminé son étude, nous avons appris, par la presse, que les présidents des six communautés de communes s’étaient officiellement positionnés en faveur de la fusion à 105. Cette attitude est inacceptable ! Dans la foulée, les conseils municipaux ont reçu, de la part du préfet, la demande de délibération sur cet unique projet, les autres scénarios ayant été complètement occultés. Alors qu’on ne cesse de nous demander de faire des économies, on jette 80000 euros à la poubelle puisqu’on n’attend même pas les conclusions de l’étude pour décider !

Je rappelle aussi à ceux qui pensent que tout est déjà joué, que, si on ne se fait pas entendre maintenant, on ne le pourra plus par la suite et que le préfet s’est engagé à respecter notre choix et à ne pas utiliser la procédure du « passer outre ».

Pour toutes ces raisons, je demanderai à mon conseil municipal de se prononcer contre ce projet, et j’espère que, même si les autres conseils n’y sont pas opposés  sur le fond, ils délibéreront quand même contre, ne serait-ce qu’en raison de la méthode utilisée qui n’est ni plus ni moins que de l’ « anti-démocratie » !

Pour terminer, je voudrais préciser, pour ceux qui ne me connaissent pas, que je ne fais pas de politique, que ma position n’a rien de politique non plus et que ma seule ambition se limite à ma commune et à la lutte contre la disparition des services de proximité, ce qui ne manquera pas de se produire avec un tel projet, et que, de toute façon, je n’ai pas l’habitude de signer des chèques en blanc.

                                                                           Jean-Luc Nexon

                                                                             Maire de Trôo

#Intercommunalitéà105 #Trôo #Jean-LucNexon #GrandVendômois

 

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