Guillaume Henrion

Guillaume Henrion

Dans cette "Tribune libre", Guillaume Henrion revient et explicite les raisons pour lesquelles il est attaché à la grande communauté de communes.

 

 Pourquoi doit-on réformer ?

Dès le début de la création des intercommunalités seuls les maires des communes centres y ont vu un vrai progrès. Cela devait leur permettre de partager financièrement le poids de leurs équipements  alors que ceux-ci’ servaient également aux habitants des villages voisins.

Les communes plus modestes, souvent rurales, ne voyaient et ne voient généralement pas d’un bon oeilœ cette évolution car elles craignent d’avoir à supporter financièrement des équipements qui ne se trouvent pas physiquement chez elles, Mais est-il possible de continuer sans mutualiser les coûts ?

 Le pouvoir et les moyens dont les communes disposeront dans l’avenir ne seront pas du tout les mêmes que par le passé.

Le monde a changé ; la France a changé, nos modes de vie ont changé, nos attentes ne sont plus les mêmes, alors il faut suivre, accompagner ou devancer ces changements ! Les Français veulent bien vivre à la campagne mais veulent des services comme en ville. Il faut donc évoluer pour que les villages restent attractifs et ne se vident pas. 

L’État et le législateur poussent pour que cette réforme se fasse. Il faut se souvenir que dans le budget d’une commune, la part payée par les impôts locaux, (par les électeurs du maire), ne représente en moyenne que 2/3 du budget de la commune, le reste venant de l’État, avec la fameuse DGF (Dotation Globale de Fonctionnement). L’État n’en a plus les moyens.

 La manière utilisée  est-elle démocratique ?

Comment sommes-nous arrivés au schéma proposé de l’intercommunalité d’agglomération autour de Vendôme à 105 communes ?

Première étape, le Préfet a  consulté les principaux élus du territoire tout en gardant à l’esprit l’objectif souhaité par l’État. Cela a commencé il y a longtemps, 4 ou 5 ans. Parmi les différentes pistes évoquées, si le Préfet perçoit que l’une d’entre elles semble fédérer et qu’elle s’inscrit dans l’objectif fixé par  l’État, ’il la proposera à la CDCI (Commission Départementale de Coopération Intercommunale).

Deuxième étape, cette instance (CDCI) composée d’élus choisis par leurs collègues, validera ou non les choix du Préfet. Pour notre territoire il n’y a pas eu de problème, le choix était unanime pour l’intercommunalité d’agglomération autour de Vendôme.

Troisième étape, ce choix est proposé aux intercommunalités et aux communes concernées.

C’est un processus lourd, mais démocratique. Il n’est pas question de passer en force.

Nos intercommunalités et communes n’ont à délibérer que sur ce seul choix, celui retenu par la CDCI. Voilà pourquoi d’autres pistes ne sont pas étudiées et mises au vote.

 

Dans cette future intercommunalité, est-il normal de  s’inquiéter du fait que tout est à construire, à imaginer et à organiser ? Ce sera un exercice complexe laissé au libre choix des élus. La loi n’impose en effet que certaines compétences obligatoires. Ensuite il faudra construire ce qui semble le plus opportun pour le territoire d’une manière démocratique.

Cette intercommunalité sera rurale par essence, car composée de 99 communes, qui n’auront qu’un élu, du fait de leur taille et de leur population.

 

 Changement du rôle du maire rural

Le rôle du maire rural va changer énormément. Actuellement son champ d’action se limite au périmètre de sa commune. Dans l’avenir il devra participer à l’élaboration de politiques d’urbanisme, de développement économique, d’équipements, sportifs, culturels … Aux côtés de ses  collègues de l’intercommunalité, il contribuera à l’élaboration de projets pour rendre le  territoire  attractif, tant au niveau de l’emploi, que des loisirs, de la culture, du sport ou du social ; c’est dans ce cadre que seront mises en place’des politiques en faveur de la jeunesse ou de l’’accompagnement des anciens. Il contribuera à l’organisation d’ un cadre de vie harmonieux, à la préservation de la nature ,à celle de la  qualité de l’eau, à la gestion  des ordures ménagères la moins polluante et la moins coûteuse possible, etc.

 

Un territoire très étendu

 

La taille de cette nouvelle intercommunalité inquiète. Comment imagine-t-on pouvoir gérer les problèmes de villages éloignés parfois de  80 kilomètres les uns des autres ? Il faut se rappeler que ceux-ci  seront identiques à ceux rencontrés sur une commune ; Par ailleurs, les conseils départementaux comme les régions  gèrent de multiples secteurs : collèges, transports, aménagement du territoire,  sport,  culture….L’intercommunalité aura ses relais dans les communes. Les habitants  auront a priori un meilleur service rendu, tout en conservant la proximité. Par contre, le contenu du mandat de l’élu va changer. Ce n’est pas ce qui doit motiver un refus de sa part qui serait préjudiciable à ses administrés. 

Cette future fusion engendrera-t-elle des économies ? Le cabinet KPMG qui a fait un travail comparatif dans les domaines des finances et de la fiscalité entre la communauté d’agglomération et la situation actuelle, considère  qu’il faut compter en moyenne 7 années avant que les économies soient réalisées, pour des raisons techniques. Et le résultat final, que ce soit une réussite ou pas, dépend des choix faits par les élus en matière de gestion. La loi définit le cadre qui doit conduire à réduire les coûts, mais ce sont les hommes qui ont le dernier mot.

Le responsable politique doit-il s’engager et défendre une réforme en laquelle il croit et qui lui semble la meilleure pour son territoire ? N’est-ce pas son rôle de ’s’exprimer, d’user de son poids, de son expérience et de son savoir pour guider d’autres élus et nos concitoyens. ? Le maire le fait souvent dans son conseil municipal, car il a une plus grande connaissance des dossiers et il demande à ses conseillers de suivre son avis. Est-ce scandaleux ?  Est-ce anti-démocratique ? 

Ce dossier pose de nombreuses questions. Si les réponses à certaines sont  simples et logiques,  d’autres  devront être construites par les élus pour le bien de leurs concitoyens et c’est la raison pour laquelle’ils doivent croire en l’avenir malgré toutes les incertitudes. Que serait devenu notre Monde, si l’Homme n’était pas allé  de l’avant, alors qu’il ne savait pas ce qui l’attendait ?

 

                                                          Guillaume Henrion

 

#Intercommunalité #GrandVendômois

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