Les correcteurs  réunis à la Possonnière

Les correcteurs réunis à la Possonnière

 

Samedi matin huit « forts en orthographe » de l’association Pierre de Ronsard se sont réunis à la Possonnière, la demeure natale du poète. Une tâche leur avait été assignée : l’ultime correction des deux dictées concoctées par Jacques-Henri Rousseau qui présidait ce docte aréopage et pour lesquelles 92 amoureux de beaux textes avaient concouru. Au final, après plusieurs relectures, aucune erreur n’a été décelée sur la copie du lauréat de la dictée des Ronsardeaux. Sur cette épreuve, ils ont été dix à en faire cinq ou moins de cinq. La dictée « Ronsard » 2015, elle, pleine de pièges et d’entourloupes malicieuses, a trouvé un vainqueur avec une seule erreur, douze autres excellents concurrents en faisant eux entre cinq et moins de cinq.

Dès les premières lignes, on peut juger de la difficulté de cette dictée intitulée « Délices subtiles de l’érotisme ronsardien ». « On n’a de nos jours, que trop tendance à prêter aux progrès scientifiques et technologiques, le pouvoir d’assurer le bonheur des hommes. De là à considérer que leur épanouissement amoureux, leur quête du nirvana, est technique et va de pair avec l’essor du matérialisme, il n’y a qu’un pas que notre époque ne semble pas hésiter à franchir. Cette utopie a investi le champ des amours au point que l’on ne parle plus de sentiments mais de pratiques et de performances. Nous sommes loin de l’érotisme tel que le concevait Ronsard, poète que certains ignorants, en raison d’a priori blâmables, ont qualifié de « mignonnet », de poète « à l’eau de rose ». Grave erreur si l’on se réfère à l’anthologie de ses poèmes érotiques et bachiques intitulée « De par les prés mignards et frétillards » et préfacée avec verve et passion dans sa première édition par Robert Sabatier qui présentait le poète comme celui « à qui aucun territoire n’est refusé… qui aborde tous les thèmes du plus subtil au plus sensuel ». Ronsard investissait même parfois une forme de littérature très licencieuse, très osée, dans la veine paillarde de Catulle ».

Vingt lignes plus tard le texte qui multiplie à l’envi les difficultés conclut « en fin de compte, l’érotisme pour Ronsard a accompagné la création de tableaux merveilleux, oniriques, sur lesquels se profilent des amours fugaces, estompées mais procurant des émotions esthétiques qui les rendent éternelles ». L’ambiguïté de cette dernière phrase (tableaux-amours) autorise deux interprétations donc deux orthographes différentes comme s’en est aperçu l’auteur Jacques-Henri Rousseau. Ceux des concurrents qui avaient mis tous les adjectifs au masculin n’ont donc pas été pénalisés.

Tous les participants se verront délivrer un diplôme gratifiant pour leur intérêt pour l’orthographe et la langue française, les mieux notés recevront des ouvrages offerts Larousse et différentes autres maison d’édition.

                                                                           Anne Braillon

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