A Paris le 13 novembre

A Paris le 13 novembre

 

Avant d’entrer pleinement dans cet article, peut-être est-il judicieux de préciser que je n’ai que 17 ans, que parfois, mes mots peuvent sembler naïfs, innocents ou déconnectés des réalités ; mais après tout, pourquoi ne pourrai-je pas m’exprimer ? Depuis quelques jours, les avis, les prises de position, les hommages pullulent de toute part sur les réseaux sociaux , parfois frappés du sceau d’une émotion encore trop grande, parfois implorant des changements radicaux, n’ayant ni queue ni tête, et n’y trouvant pas beaucoup d’idées que je partage, je souhaite m’exprimer et je remercie ainsi  « le Mille-Pattes » de me donner la parole.

Si je m’exprime aujourd’hui, c’est que depuis quelques jours, depuis vendredi soir précisément, beaucoup de mon temps se perd sur les réseaux sociaux, où je lis de très nombreux hommages, des textes « coups de gueule », et que nombre d’entre eux me paraissent ahurissants. A peine les attentats avaient ils frappé Paris que le grand « n’importe quoi » de ces réseaux commençait. Certains brandissaient les élections de 2017 et l’arrivée au pouvoir  du Front National comme une solution miracle, un coup de baguette magique qui, d’un coup ferait disparaître Daesh. D’autres, dans un élan d’intelligence et de bon sens, criaient au complot : bien sûr, tout cela ne serait qu’une immense mascarade politique en vue des élections régionales... Mais ils ne sont pas les seuls à se démarquer par leur mauvaise foi, le « hollande-bashing » est très vite arrivé, conspuant François Hollande et son gouvernement, les accusant d’être les seuls responsables de ces attentats, comme  si le terrorisme islamiste avait pris un mandat 2012-2017. Même si tout le monde ne tombe pas dans ce que je considère comme des dérives, beaucoup d’autres prises de position me laissent perplexe, par leur ingénuité, leur innocence et leur manque de bon sens. A traîner sur les réseaux sociaux, il me semble qu’il y flotte l’ombre du « Je suis Charlie ». Il m’arrive d’y lire des messages tels que « nos mots vaincront face à vos armes » (ce n’est qu’un exemple, de nombreux messages sous-entendent la même chose mais avec des mots différents).Soyons réalistes : ce credo semble obsolète et d’une naïveté rare, les messages, les manifestations rendent hommage mais n’affaiblissent pas l’ennemi, le renforcent ; les mots sont bien gentils, mais ils ne servent qu’à nous rassurer, à tenter de nous sentir forts, alors que nous ne le sommes pas. Je vois d’un côté des « rester chez soi serait leur donner raison » et de l’autre (habitant à Paris, je suis peut-être d’avantage concerné par ce genre de messages) « restez chez vous », comment ne pas perdre son français entre des consignes si contradictoires ?

Au-delà de ces détails, je trouve finalement que les Français ne se préoccupent  que temporairement de la situation. La preuve en est que «  Facebook » propose à ses utilisateurs de changer temporairement leur photo de profil, de l’orner d’un drapeau français, mais que se passera - t-il le jour où ces photos de profil temporaires disparaîtront ? Les Français concernés ne penseront- ils plus aux morts, aux blessés ? Il y a là l’idée qu’une fois la photo de profil changée, le « on pense aux victimes » prononcé , les Français ont fait leur devoir de citoyens, que ce dernier s’arrête là. Et le problème est bien là : si la France n’agit pas, devra-t-on, tous les mois, changer sa photo de profil, naïvement en implorant que ça ne se reproduise jamais ? Chaque minute qui passe nous rapproche du prochain attentat, il n’aura peut-être pas lieu demain ou dans un mois, mais il arrivera, ils arriveront ; ne jouons pas les aveugles ! Mais ça, les Français l’auront pour certains probablement oublié : dans deux mois,  « Le Bataclan » ne sera qu’un lointain souvenir. Il n’y a qu’à voir la loi sur le renseignement. Alors que les débats la concernant ont animé une bonne partie de la France ces derniers mois, nombreux étaient ceux qui disaient ne pas en vouloir, au nom de leur intimité, de leur liberté. Mais qu’est-ce que leur intimité face à la douleur des proches des victimes des attentats, face aux vies brisées ? Si nous adoptions une transparence quasi-totale, cela ne permettrait-il pas d’éviter d’avantage de massacres inhumains ?

Le côté temporaire des réactions que suscitent ces dramatiques attentats se reflète dans l’état d’urgence : pendant quelques jours, quelques semaines, les mesures seront renforcées, la sécurité d’avantage assurée, mais qu’ en sera-t-il dans six mois, quand le risque sera tout aussi fort : l’état d’urgence, ne sera plus en place et les policiers seront toujours armés de manière insuffisante. Alors certes, maintenir l’état d’urgence coûte cher, très cher mais le côté temporaire des réactions, des mesures ne peut durer ; la réponse de la France doit être à la hauteur du défi qui l’attend. Le gouvernement tranchera et adoptera les décisions qu’il jugera les plus à même de mettre le peuple en sécurité mais qu’il devra concilier avec les nombreuses contraintes qui seront les siennes : coalition internationale, coopération avec la Russie, la Syrie … autant d’options qui se présenteront à lui et qui définiront la politique anti-terroriste française…

 

                                                                                                               Thomas Goupil

 

Quelques remarques (complétant celles publiées après l’attentat contre Charlie Hebdo)

La menace terroriste est internationale (origine, bases, auteurs, instigateurs, commanditaires, victimes). La réponse doit être également internationale et prendre en compte :

1.l’existence d’un arc hostile allant grosso modo du Nigeria à l’Indonésie, bénéficiant de complicités (ou de réseaux) un peu partout dans le monde (la mondialisation pouvant lui être un allié précieux) ;

2.celle d’une guerre multiforme dans laquelle le terrorisme joue, dans l’autre camp, un rôle majeur ;

3.d’autre part, la complexité d’une situation combinant intérêts ambivalents (trafics) et passions religieuses et politiques dévoyées ;

4.le facteur temps, sachant que des mesures radicales (chercher l’ennemi là où il se trouve et le détruire) ne sauraient porter leurs fruits avant une dizaine d’années et qu’à défaut de telles mesures, nous devons prévoir une autre guerre de Cent ans ;

5.la possibilité et la probabilité de l’utilisation de techniques encore dans l’enfance ou même inconnues aujourd’hui (internet et ses dérivés, drones…) qui renverront la ceinture d’explosifs à une époque révolue (sauf signification sacrificielle).

 

Le renforcement des mesures de sécurité intérieure et leur adaptation sont nécessaires mais risquent de nous enfermer derrière une nouvelle ligne Maginot, faute d’une stratégie et de moyens offensifs ( le second porte-avions promis depuis des années ?).

                                                                                                             X.C

#attentatsdeParis #débat #réseauxsociaux #terrorisme #décisions

 

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