Détails d'un cul-de-lampe dans la chapelle, armoiries sur la cheminée de la salle capitulaire et plafond de la salle capitulaireDétails d'un cul-de-lampe dans la chapelle, armoiries sur la cheminée de la salle capitulaire et plafond de la salle capitulaire
Détails d'un cul-de-lampe dans la chapelle, armoiries sur la cheminée de la salle capitulaire et plafond de la salle capitulaire

Détails d'un cul-de-lampe dans la chapelle, armoiries sur la cheminée de la salle capitulaire et plafond de la salle capitulaire

Une visite des bâtiments

L'abbaye se dresse tout au bout  de la longue rue qui court à travers le bourg. Une fois passée l'entrée, on aperçoit sur la gauche la façade de l'église à peu près alignée sur le long bâtiment en équerre qui a conservé la salle capitulaire du XIIIème. Cette façade surprend un peu par son style néo-dorique; elle a été élevée en 1809 après la démolition de l'entrée ancienne et des trois premières travées de la nef (XIIIème ou XIVème). La porte est encadrée de deux colonnes doriques; elle est surmontée d'un entablement et, au-dessus, d'un grand occulus, lui aussi entouré de colonnettes. Le clocher qui flanquait au nord la troisième travée, a été abattu.

Dépouillé et blanchi, l'intérieur n'en parait que plus vaste; il semble plus élevé en raison du raccourcissement de l'édifice.

Ce qui subsiste comprend une longue travée de la nef, la croisée du transept prolongée par une abside semi-circulaire et, dans le bras nord, une chapelle également orientée, pourvue d'une absidiole. Dans l'angle formé avec la nef, se trouve dans le même axe, une autre chapelle plus ancienne.

A cette exception près, toutes les parties remontant au XIIème siècle, sont couvertes de voûtes d'ogives caractéristiques du style gothique angevin ou Plantagenêt. "Celui-ci devait être banni par la suite, nous a appris notre guide, une conséquence du conflit entre le Royaume de France et celui d'Angleterre." La modestie du mobilier et l'absence d'ornements donne une grande impression de sobriété, voire de dénuement.

La voûte de la croisée du transept apparait comme la plus remarquable en raison de la présence de huit branches convergeant vers une grande rosace de pierre centrale (3 m de circonférence), sans doute unique en son genre, qui porte les statues, d'exécution un peu maladroite, des quatres évangélistes.

L'abside en cul-de-four est éclairée par cinq fenêtres en plein cintre; entre celles-ci, six colonnettes supportent les branches de la voûte. De l'autre côté du transept, celle de la grande travée se distingue par la différence de profil entre les deux ogives et les trois liernes (nervures de pierre entre les ogives unissant le sommet des arcs à la clé de voûte).

Les arcs doubleaux qui divisent l'édifice transversalement et ceux des bras du transept reposent sur des faisceaux de colonnes pour les premiers, des colonnes simples pour les seconds; les chapiteaux qui couronnent leur fût ont reçu un décor sculpté (feuillages, oiseaux, têtes de monstres...) d'inspiration romane.

De chaque côté de l'entrée, les faisceaux reposent sur un cul-de-lampe comportant deux bustes dont ceux du nord, bien conservés, ont gardé d'importantes traces de peinture. Ce fait conforterait la supposition, également étayée par le résultat de sondages, que l'intérieur de l'église possédait un décor éventuellement historié, recouvert ultérieurement par un badigeon blanc. Une litre funéraire  se trouverait dans l'abside, ce qui n'aurait rien de surprenant puisqu'un ornement funèbre semblable a été récemment découvert dans l'église Saint-Martin.

La baie qui éclaire la chapelle du transept nord a reçu au XIVème siècle un vitrail représentant saint Georges en armure terrassant le dragon. Dans la partie supérieure, l'on voit l'abbaye avec sa longue nef, son clocher étayé par un arc-boutant, le bâtiment contenant la salle capitulaire ainsi que deux autres en équerre encadrant le cloître; c'est à ce jour, le seul document, malheureusement un peu schématique, offrant une restitution de Saint-Georges avant les transformations ultérieures.

Nous avons gardé à part la chapelle qui joignait le transept nord au clocher. Son analyse est plus compliquée que celle du reste de l'ouvrage. Plus ancienne, pour le Dr.Lesueur, elle remonterait au début du XIIème; pour Jean Bernadac, on y retrouverait des éléments (portions de murs en petit appareil) qui pourraient dater du Xème voire du IXème siècle, donc antérieurs à l'abandon de l'abbaye par les Bénédictins. Dans l'épaisseur du mur occidental, on trouve le départ de l'escalier à vis qui desservait le clocher ainsi que de profondes niches couvertes de voûtes en berceau brisé et s'ouvrant sous un arc de décharge. Ces niches pouvaient être des armoires à reliques.

La courte nef possède deux travées couvertes d'une voûte en berceau brisé, renforcée de trois arcs doubleaux; du côté nord, les arcs retombent sur des colonnes engagées, au sud, sur une corniche supportée par deux arcades reposant sur des colonnes. Les chapiteaux sont ornés de sculptures en forme de feuillage. La petite abside est en cul-de-four.

"En raison de ses petites dimensions et de son caractère intime, c'est cette chapelle que nous utilisons le plus couramment" a précisé le père Ignace-Marie.

Dans le grand bâtiment perpendiculaire à la nef, la salle capitulaire a survécu. Cette salle, du XIIIème, est divisée en deux nefs de trois travées couvertes de voûtes d'ogives retombant sur deux colonnes centrales et des culots sculptés de feuillage le long des murs. Notre guide a attiré notre attention sur les trois baies, toujours discernables quoique murées, qui ouvraient autrefois sur le grand cloître remplacé aujourd'hui par une pelouse et le grand cèdre, un symbole ? 

Nous exprimons nos remerciements au père Ignace-Marie qui a bien voulu nous consacrer de son temps et nous faire bénéficier de ses explications et commentaires; nous avons complété notre information avec la notice consacrée à l'église abbatiale Saint-Georges-du-Bois par le Dr.Lesueur dans "Les églises de Loir-et-Cher" et surtout par le livre consacré par Jean Bernadac à "L'Aventure de Saint-Georges", qui présente quelques autres parties de l'abbaye et les résultats des fouilles et sondages entrepris dans les années 2000.

#abbaye Saint-Georges-du-Bois #Saint-Martins-des-Bois #Stylegothiqueangevin #JeanBernadac

 

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