Peintures murales et retable de l'église de Bonneveau

Peintures murales et retable de l'église de Bonneveau

Dimanche dernier (13 septembre), avait lieu l'une des sorties que le Comité départemental du patrimoine et de l'archéologie (CDPA41) organise périodiquement à l'intention de ceux qui souhaitent découvrir les richesses plus ou moins méconnues de notre territoire. Il faut ajouter que le côté savant s'allie à la plus grande convivialité.

La dernière, conduite par André Michel et Alexandra Mignot pour la partie historique et patrimoniale, avec Henri-Jean Soudet, un géologue, pour l'aspect technique (matériaux et construction) avait mobilisé une trentaine de personnes parties sur les traces de Gervais Launay, le célèbre illustrateur qui nous a laissé maints dessins et aquarelles des sites du Vendômois tels qu'on les voyait au milieu du XIXème.

A Bonneveau

Les participants se sont retrouvés en milieu de matinée autour de l'église de Bonneveau, entre Sougé et Bessé. Il y a bien longtemps, le territoire du village a fait partie d'un domaine royal mérovingien comportant un palais et peut-être même un atelier monétaire fondés par Childebert, troisième fils de Clovis, incorporé au diocèse du Mans et donné au comte de Vendôme par un évêque après sa destruction par les Normands (Xème siècle). L'église actuelle reprendrait le choeur et l'abside de style roman (XIème) d'un prieuré, la nef du XVème ayant été fortement remaniée et restaurée jusqu'à la fin du XIXème siècle. Les deux principaux centres d'intérêt sont le grand retable de pierre du XVIIème, peint et doré, donc plutôt somptueux, consacré à saint Jean Baptiste et les peintures murales du choeur et de l'abside en cul de four. Les plus anciennes, qui pourraient remonter au XIIème siècle, sont partiellement visibles sur l'intrados de l'arc doubleau précédant le choeur (le cycle des mois ?) et en bas de l'abside, la partie supérieure ayant été recouverte par celles du XVème : le Père et le Fils, accompagnés par la Colombe, trônant au-dessus des douze apôtres.

Dans le choeur, les peintures du XVème (sans doute devrait-on en trouver de plus anciennes en dessous !) figurant notamment la Décollation de saint Jean Baptiste, Salomée présentant la tête du saint à Hérode, sainte Barbe... Le mur nord parait en outre paré d'une litre funéraire. Quant à l'autel, contrairement au reste de l'édifice, il serait en pierre de Poncé.

A Sougé

La fin de la matinée a été occupée par la visite de l'ancien manoir de la Roche-Vermond (ou Vermand), un des six fiefs de Sougé dominant la vallée de la Braye.

Le mur gouttereau de l'une des ailes de l'ancien manoir et le blason sculpté au-dessus de la porte
Le mur gouttereau de l'une des ailes de l'ancien manoir et le blason sculpté au-dessus de la porte

Le mur gouttereau de l'une des ailes de l'ancien manoir et le blason sculpté au-dessus de la porte

L'origine exacte du manoir (fin XVème, début XVIème) est inconnue puisque apparemment, le blason sculpté au-dessus de la porte d'entrée n'a livré pour le moment aucun renseignement. Quelques détails d'architecture encore visibles, l'écusson couronné (couronne comtale ?), au coeur enflammé supporté par deux lions affrontés en rapport peut-être avec la devise partiellement effacée, "Sicut leonem..." la présence de meurtrières permettant des tirs flanquants à partir de bâtiments formant des saillants attestent le passé des constructions transformées en fonction des besoins d'une exploitation agricole (disparition d'une puis de deux tourelles, d'une chapelle, élargissement d'ouvertures...).

Bernard Bonhomme, maire de Sougé et vice-président de la CCVLB qui a fort aimablement accueilli les visiteurs a racheté ces bâtiments qu'il s'efforce de réhabiliter. "C'est ici que j'ai passé ma jeunesse à la suite de plusieurs générations", a-t-il expliqué. Même avec l'aide de celui-ci, la tentative de reconstitution des lieux à partir d'un ensemble devenu de plus en plus complexe a rapidement tourné à une sorte d'enquête policière animée par les représentants  des "Maisons paysannes de France", essayant de tirer parti du moindre indice. Le plus heureux aurait pu être Henri-Jean Soudet mettant au jour un minuscule oursin attestant la présence de la mer ici, il y a un peu plus de 80 millions d'années.

Après un repas de chasse roboratif (sanglier et chevreuil) excellemment préparé par Marie-Françoise Bonhomme, le groupe a suivi le mari de celle-ci en direction du bourg où les participants ont pu voir les vestiges du vieux collège fondé par le curé de Sougé en 1625, puis la mairie; celle-ci occupe l'ancien presbytère, lui-même logé dans un prieuré du XIIème auquel l'on doit les parties les plus anciennes (baie romane murée). A l'intérieu, il faut remarquer les cheminées.

La mairie et la cheminée dans la salle du conseilLa mairie et la cheminée dans la salle du conseil

La mairie et la cheminée dans la salle du conseil

De là, les visiteurs sont passés dans l'église Saint-Quentin toute proche; reconstruite au XVIème siècle, celle-ci se signale par un haut clocher à double dôme terminé par une flèche élancée. Elle a recueilli autour du choeur les belles stalles sculptées du XVème provenant de l'abbaye sistercienne féminine de la Virginité, située près des Roches-L'Evêque, détruite à la Révolution.

Pour avoir été consacrée à une partie du Vendômois sans doute moins connue que d'autres, cette journée agréable n'en a pas moins été riche, pleine d'enseignements et très appréciée.

CDPA41; courriel :cdpa41@cdpa41.com   site : www.cdpa41.com

#CDPA41 #Sougé #Bonneveau #La Roche-Vermont

 

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