La façade du central téléphonique du W3 à St-Rimay

La façade du central téléphonique du W3 à St-Rimay

Comme on sait, c'est surtout à la conjugaison d'une modeste liaison ferroviaire et de l'Occupation allemande consécutive à la défaite de 1940 que Montoire a dû sa renommée, du moins avant que le Festival international de Folklore ne soit venu faire concurrence aux fantômes du passé. Si l'Ocupation a pris fin il y a longtemps, la voie ferrée subsiste. On peut même dire que Montoire s'y accroche au point d'avoir plus ou moins incorporé le tunnel de St-Rimay à son histoire et la gare de Trôo (en fait sur le territoire de St-Quentin, commune de Montoire depuis 1973) à son périmètre.

C'est d'ailleurs près de la sortie ouest du tunnel que commence la promenade à travers les restes du W3 (pour "Wolfsschlucht", "Ravin du Loup", nom des QG de Hitler); chaque mois, elle réunit une quarantaine de curieux sous la conduite de Jean-Pierre gort, le meilleur connaisseur de Montoire et de ses environs. A proximité de la voie, un panneau nous rappelle que la présence du tunnel, d'une longueur de 509m, inauguré en 1881, pouvant abriter le train du Führer en cas d'attaque aérienne était l'un des facteurs du choix de Montoire pour accueillir les rencontres de Hitler avec Laval et Pétain, en octobre 1940. " Au départ -nous apprendra u n ancien- la ligne contournait le coteau au lieu de le traverser; c'est à la suite des protestations des agriculteurs privés de points de franchissement, que le tunnel a été percé."

Les Allemands se sont souvenus de l'existence de l'ouvrage lorsqu'ils ont décidé, en juillet 1942, avec un sens certain de l'anticipation de construire, autour de celui-ci, un complexe fortifié à usage de centre de communication et peut-être de commandement."un train bureau disposant de moyens de transmission y a séjouné de longs mois"  précisera d'ailleurs J-P Gort. La protection immédiate est assurée par la hauteur au-dessus du tunnel (une trentaine de m.) et deux portes blindées de 40mm d'épaisseur, posées à l'intérieur de chacune des entrées et toujours en place.

Après avoir traversé le village de St-Rimay près duquel se trouvait la station de pompage alimentant le W3 en eau, nous montons pour atteindre les réservoirs enterrés sur le plateau avant de redescendre vers la vallée du Loir par un chemin spécialement empierré de granit venu de Bretagne. Au passage, nous remarquons une demi-douzaine d'abris creusés dans le flanc du coteau pour recevoir hommes et munitions.

Nous visitons ensuite le vaste central téléphonique en béton, enfoui sous la végétation, par où passient les câbles reliant Berlin au Mur de l'Atlantique. Si la structure a bien résisté, l'intérieur sur sous-sol, divisé entre de multiples pièces, ravagé par un incendie en août 1944, est tout à fait dégradé.

De retour vers l'entrée est du tunnel, nous devons imaginer les allées et venues incessantes des hommes, volontaires puis requis avec leurs moyens de charroi, ou prisonniers travaillant sous les ordres de l'organisation Todt à la construction du W3 jusqu'à l'abandon inopiné des travaux en juin 1943. L'ensemble desservi par la voie ferrée acheminant  matériaux, ciment, équipement et personnel, était protégé par de nombreux emplacements de tir, nids de mitrailleuses, et cuves pour les canons de DCA. "Le dispositif s'étendait sur toutes les collines dominant la vallée, de Lunay et des Roches jusqu'à St-Rimay et Villavard, indique J-P Gort; deux passerelles joignaient les rives du Loir et les Allemands disposaient même d'un aérodrome à Villiersfaux."

Tous les baraquements préfabriqués à usage de logements, d'ateliers ou de bureaux, ont été démontés en 1943; seuls restent les bâtiments réquisitionnés et récupérés ensuite (château de Fleurigny et manoir de Courtemblay affectés aux officiers et sous-officiers dans le hameau de Cherchenois) et les constructions en béton; outre le central téléphonique et une centrale électrique, la liste comprend les deux énormes blockhaus de protection sans rôle actif qui encadrent l'entrée du tunnel; ce sont deux monstres également cachés maintenant par la végétation à la carapace épaisse de 4m, dont l'édification a demandé 9 000m3 de matériau. Seul le bunker n°2, à droite est accessible; malgré ses dimensions (30x15m), les quatre pièces, vides et dévastées sont assez petites.L'autre bunker, un peu plus grand, aurait pu accueillir le Führer en personne comme le laissent supposer les traces d'une salle de bain complète; "de plus, les salles étaient lambrissées en pin non traité, une exigence caractéristique de Hitler" ajoute J-P Gort.

Après un regard au tunnel et à sa porte blindée, c'est le retour de l'autre côté par les hauteurs du coteau.

Prochaine visite le 17 août à 14h. Rdv à l'entrée ouest du tunnel. Renseignements : OT intercommunal, 16 P. Clémenceau à Montoire T. 02 54 85 23 30

#Montoire #Occupation #St-Rimay #J-P Gort #W3

 

 

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