Une tourelle de l'ancien fief du Grand Gué

Une tourelle de l'ancien fief du Grand Gué

Quel automobiliste n'a pas remarqué la ferme du Grand Gué, cet ancien manoir encore de belle allure, situé au sud de St-Martin des Bois,non loin de l'embranchement sur la D10 conduisant à ce village. La présence du Merdreau, modeste affluent du Loir serait à l'origine du toponyme (il existe également un Petit Gué, qui était une métairie dépendant de l'autre). A une centaine de mètres de la route, le Grand Gué présente un aspect caractéristique avec son corps de logis au toit pentu du XVème, ses deux tourelles et, à l'arrière-plan, son pigeonnier carré.

Assez curieusement, aucun des grands excursionnistes érudits du XIXème ne parait avoir seulement mentionné le manoir alors que peu de fiefs semblent avoir échappé à l'attention de l'un ou de l'autre. Au début du XXème Saint-Venant, dans son "Dictionnaire du Vendômois" ne consacre qu'une colonne et demi au Grand Gué. Relevant à foi et hommage du château de Ranay tout proche (à la famille de Lavardin du XIIème au XVIème), celui-ci aurait donné son nom dès le XIIIème à ses occupants, avant de passer aux mains des Ranay, des de la Chataigneraie, enfin des Frédureau (du XVIIème à la Révolution). Confisqué en 1792, le domaine fut probablement vendu à des acquéreurs qui ne retinrent pas l'attention de l'historien; celui-ci a ce jugement lapidaire : "Le Grand Gué a conservé son cachet ancien avec les deux tourelles de son manoir."

Plus récemment ( 2002) dans le cahier du CDPA consacré à St-Martin des Bois, Gérard Ferrand s'est penché sur le pigeonnier qui serait antérieur aux autres constructions puisqu'il remonterait au XIIIème siècle (à 1243, pour être plus précis). Sur plan carré, ce qui parait assez rare dans la région (un autre exemple est celui de L'Aurière à Ruillé qui daterait de la même époque), il est édifié en tuffeau et moellons, couvert de tuiles plates et coiffé d'un lanterneau en ardoises. Il possède enfin deux étages accessibles par des échelles et compte 360 boulins. Le bâtiment principal est prolongé de chaque côté par une aile plus basse; il faut imaginer celle de gauche -vue de la route- dont il ne reste que le mur gouttereau tourné vers la campagne. Les deux tourelles basses qui encadrent, en faisant saillie, les constructions dont elles sont indépendantes ont été conservées. Les proportions des murs latéraux du corps de logis ainsi que le manque de tourelle d'escalier semble démontrer l'absence d'un véritable étage sous la toiture élevée; tout au plus un escalier intérieur peut-il desservir quelques chambres mansardées très simples, éclairées par des lucarnes flamandes surmontées d'un fronton triangulaire.

Tel qu'on peut le penser, le périmètre cantonné par les tours et le pigeonnier devait enclore une cour carrée ceinte de murs sur trois côtés contre lesquels étaient adossées des dépendances, et peut-être de douves alimentées par le Merdreau dont le débit était autrefois plus important.

Au Grand Gué aujourd'hui

Depuis 1995, le Grand Gué est le siège de l'exploitation agricole de Gilles Chesnon dont la grand-mère paternelle était déjà installée ici. Aujourd'hui, elle s'étend sur 65 ha et compte un troupeau de 25 vaches de race parthenaise, réputée pour le qualité de sa viande et appréciée par les connaisseurs, et maintenant délaissée; l'élevage est le seul dans le Loir-et-Cher.

En 2010, Gilles Chesnon a voulu prendre un tournant, toujours en faisant le pari de la qualité. "J'ai décidé d'ajouter une production de volailles fermières prêtes à cuire : poulets, pintades, canards et lapins appartenant également à des races traditionnelles; ceux-ci sont élevés en plein air et  nourris avec les ressources de la ferme : blé, pois, orge, colza et maïs. Les clients sont des particuliers ou des restaurateurs qui s'approvisionnent sur place ou, depuis peu, par l'intermédiaire du "drive fermier", "Balado drive" (distribution à Blois et Vendôme)."

Dans la même optique, Gilles Chesnon a entrepris de participer cette année à la relance de la "poule de Contres", une volaille à la fois élégante et savoureuse, autrefois très reherchée (notamment sur le marché de Contres); abandonnée mais sauvée par des amateurs, elle est revenue au Salon de l'Agriculture de Paris en 2000. " Il existe un potentiel énorme.La France compte toute une gamme de races qui survivent à très petite échelle et qui permettraient de retrouver les saveurs d'antan, ce qui est mon objectif." La "Contres" dont l'élevage obéit à un cahier des charges très stricte arrivera sur le marché à l'automne prochain.

Actif et dynamique, Gilles Chesnon est également conseiller municipal de St-Martin et éducateur sportif.

Ferme du Grand Gué, 41800 St-Martin des Bois; boutique ouverte le vendredi de 17 à 19h et le samedi de 9h30 à 12h. T. 06 33 28 22 89; courriel : chesnon.gilles@orange.fr

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