Des vaches de race normande à Couture

Des vaches de race normande à Couture

Avant l'arrivée massive de la télévision et des divers moyens modernes de communication, les habitants des villes et des campagnes se cotoyaient, discutaient, se rencontraient. Aujourd'hui, les informarions passent par le canal de ce qu'il est convenu d'appeler "les médias" qui les accomodent à leur propre sauce. Résultat : vivant dans une bourgade rurale ou même à la campagne, vous ne savez rien des hommes et des femmes qui travaillent à vos côtés, qui cultivent la terre et élèvent les animaux que vous consommez. Pour certains citadins, le chant du coq, le braiement de l'âne, le meuglement de la vache... sont d'insupportables nuisances; il en va de même pour les odeurs; sans doute, préfèrent-ils le ronflement des moteurs et l'odeur du gasoil à celle d'une étable.

Le comice constitue une occasion de rencontrer ceux qui créent et entretiennent les paysages qui nous environnent, les agriculteurs. On recensait 170 exploitations dans le canton de Montoire, en 2010 (avant la réforme territoriale de 2015). Si la main-d'oeuvre agricole a diminué au fil des années, elle représente encore ici 9,9% des emplois contre 4,5% dans le département; c'est dire l'importance du secteur.

Pour préparer le prochain comice, la Chambre d'agriculture avait organisé des visites qui nous ont permis de rencontrer un éleveur à Couture et les membres d'une Coopérative d'utilisation de matériel agricole (CUMA) à Saint-Martin des Bois.

La ferme d'élevage d'Emmanuel Leclerc, à Couture, a deux particularités : elle emploie deux salariés et elle fournit un client unique, la laiterie de Montoire, qui produit, entre autres, le célèbre fromage, "Le Petit Trôo". 110 vaches laitières de race normande donnent 855 000 litres de lait. La ferme compte 167,7 ha. En 2000, Emmanuel a fait construire un grand hangar, au milieu d'un champ, pour mettre fin aux récriminations du voisinage. C'est là que se trouvent la stabulation et la salle de traite. Les animaux ont une alimentation variée en fonction de la saison : pâturage et maïs, au printemps, maïs, herbe ensilée ou enrubannée et foin, en été et en hiver.

Une chose à souligner au passage : les vaches doivent être traites tous les jours, quel que soit le temps; pas question pour l'éleveur à moins de graves problèmes de santé, de s'exonérer de la tâche, et, dans ce cas, il devra trouver de suite quelqu'un pour le remplacer. 

Emmanuel Leclerc est aussi partie prenante dans le projet "Métabraye". Celui-ci est destiné à réaliser la méthanisation des déjections qui, sous l'effet d'agents biologiques, produisent du biogaz.

Ce chef d'entreprise tout à fait performant doit, comme ses collègues, faire face néanmoins aux tracasseries de plus en plus nombreuses d'une administration tatillonne et surtout totalement ignorante des réalités du métier; de plus l'évolution de la politique agricole commune (PAC) a abouti à la fin des quotas laitiers européens mis en place en 1984 pour limiter les excédents de production. Personnes ne peut dire actuellement comment les prix vont évoluer. Par contre, ce qui est certain, c'est que le coût de la main-d'oeuvre va augmenter , que  l'administration demande à l'éleveur d'investir pour répondre à de nouvelles normes et que les aides auropéennes sont moins favorables à ceux qui ont des employés qu'à ceux qui s'installent en GAEC.

#Comice #Chambre d'agriculture #élevage #PAC #Méthabraye

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