Les carpes d'un état à un autreLes carpes d'un état à un autre

Les carpes d'un état à un autre

Ayant l'habitude de nous promener assez régulièrement autour de l'étang de la Pâquerie (entre Tréhet et Ruillé), nous avons vu notre attention attirée par un phénomène inhabituel : le grand nombre de carpes mortes (de 50 à 70 cm), soit flottant sur le flanc dans l'eau, soit échouées sur les berges en pente douce. Si le corps des unes étaient resté relativement intact (traces de morsures), celui des autres présentait un aspect de plus en plus décharné, au fil des jours, trahissant l'intervention de divers prédateur, oiseaux, renards... Certaines dépouilles avaient été trainées à un mètre ou deux de la rive pour être plus commodément dépecées par des animaux terrestres. Les yeux avaient disparus puis les chairs; au dernier stade, les arêtes avaient été rongées et le cadavre désarticulé. Tel est l'état actuel de la quasi totalité des corps, ce qui semble indiquer que la mort a cessé de faire son oeuvre. De la fin du mois de janvier au début de celui d'avril, entre 100 et 200 carpes auraient disparu.

Que l'on se rassure : ce n'est pas le cas de tous les cyprinidés. Mardi dernier, longeant les bords du lac en début d'après-midi, nous avons pu voir de nombreux bancs des mêmes poissons (peut-être 200 en tout) se déplaçant paresseusement juste sous la surface.

Au bout de quelques jours, devant ce triste spectacle, et aussi devant celui du comportement frénétique des poissons qui, seuls ou en groupe, ne cessaient de bondit hors de l'eau à certains moments, nous avons commencé à nous interroger en particulier sur la possibilité d'un empoisonnement dû à la malveillance.

A l'ocasion d'une compétition organisée par la Fédération de pêche du Loir-et-Cher à l'étang voisin de Maupertuis, nous avons pu faire part de nos observations à Jean-Claude Tévenot, carpiste émérite et vice-président de la Fédération. " C'est l'effet de la virémie printanière -nous a-t-il appris - une grave maladie qui, de temps à autre, vient frapper les carpes. Parfois, toute la population est atteinte, parfois, seuls quelques individus le sont. Le responsable est un virus qui se développe surtout à la suite d'hivers doux pouvant occasionner des variations de la température de l'eau."

Nous nous sommes ensuite tournés vers nos amis suisses - l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires- qui, même si elle est rare chez eux, prennent cette épizootie très au sérieux : une fois constatée, elle doit être déclarée aux autorités compétentes.

Au nombre des symptômes visibles, on a remarqué une couleur plus foncée ainsi que des yeux proéminents.

L'infection est transmise directement par les poissons eux-mêmes et indirectement par l'eau, des parasites, les oiseaux... Comme il est normal, une forte densité de population favorise sa propagation.

L'agent responsable est présent en Europe et vient de faire son apparition aux Etats Unis.

Heureusement, la maladie ne présente aucun danger pour l'homme.

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