Les Chevaliers de la Puette et du Franc-Pinot

Les Chevaliers de la Puette et du Franc-Pinot

La revue "Le Bas-Vendômois" éditée autrefois à Trôo, publiait dans son numéro 4 de 1996, un article de Michel Tamisier consacré à l'ancien vignoble du Vendômois. On y apprend, sans véritable surprise, qu'au milieu du XIXème    siècle, la vigne y était implantée sur 4 160ha. "Les vins du Vendômois étaient réservés à la consommation locale ou achetés par les négociants.... Une vigne est signalée au XIème siècle près de Naveil ainsi qu'aux abords de Lavardin et de Montoire. Un acte de 1224 atteste la présence de vignes à Trôo... ainsi que l'existence d'un pressoir banal à Chenillé, à un jet de pierre à l'ouest de Trôo... Plus tard les vins de la vallée du Loir, les plus connus étant ceux de Montoire, Trôo et Château-du-Loir, ont abreuvé les régions voisines..." L'article mentionne également les cépages les plus cultivés : en blanc, le pineau ou le chenin et accessoirement le sauvignon et le melon ou muscadet. En rouge, le cépage le plus répandu était le gris meunier qui a donné du vin d'excellente qualité depuis le Moyen Age. Deux autres variétés étaient également présentes, le bouillat et le gascon, auxquelles il faut ajouter le côt. Au XVIIIème siècle, le gris meunier est supplanté par le pineau d'Aunis originaire de l'abbaye d'Aunis près de Saumur. Vinifié en blanc, il fut, dit-on, expédié en Champagne pour entrer dans la composition des assemblages.

Trôo fut un vignoble très réputé, nous dit l'auteur, parce qu'il existait des parcelles particulièrement bien exposées : Les Fortetêtes et les Tendrières; le village a perdu, dans les années 60, ses dernières vignes. Il a donc fallu attendre l'année 2013 pour qu'un néo-vigneron, Benoît Savigny, bourré de talent et de courage, décide de rendre à Trôo son patrimoine viticole.

Le 7 mars, demain donc, de nombreuses personnalités et tous ceux qui aiment la vigne et le vin participeront au retour de la vigne dans le village, en premier sur la parcelle de Bel Air sous la collégiale où 1 800 plants de chenin seront repiqués avec l'aide de deux chevaux appartenant à Philippe Chigard, instructeur au lycée viticole d'Amboise; en juin, Benoît plantera encore 11 000 pieds de chenin aux Fortes Têtes (près de Chenillé) à la lisière de la commune de Sougé en direction de Bonneveau. Il espère également introduire, dès cette année, du pinot noir et du côt (ou malbec) sur une parcelle située entre l'école et le calvaire.

Demain, 7 mars, tous ceux qui souhaitent que le vignoble retrouve toute sa place dans notre vallée du Loir dont il est déjà un ambassadeur prestigieux servi par des vignerons, femmes et hommes, de grand talent, seront présents à Trôo. Chacun pourra planter un cep et déguster ensuite dans les caves communales des Coteaux du Loir et du Jasnières également cultivés par Benoît sur les communes de Lhomme et de Ruillé. Cette cérémonie sera parfaite puisque la confrérie des Chevaliers de la Puette et du Franc Pinot créée, il y a près de trois quart de siècle, par un Troïen, le Dr.Henry, sera présente et procédera à des intronisations  au nom de "Bacchus et de Saint-Vincent".

L'épopée ne s'arrête pas là puisque l'histoire d'amour entre Trôo et la vigne se poursuivra les 25 et 26 avril prochain, avec un premier salon des vins organisé par des élèves du lycée d'Amboise.

Rendez-vous demain 7 mars, place de la mairie à Trôo. Des calèches sont prévues pour transporter ceux qui seraient rebutés par la pente un peu raide.

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