Le donjon de Lavardin vu du sud

Le donjon de Lavardin vu du sud

Ce sont des visiteurs de qualité qu'a accueillis le 12 mars, Thierry Fleury,le maire du village, sans doute les trois médiévistes, historiens et archéologues, les plus réputés dans le Vendômois : Dominique Barthélémy, auteur d'un ouvrage de référence sur le Comté de Vendôme de l'an 1000 au XIVème siècle, Claude Leymarios dont les titres et les travaux, parmi lesquels une étude sur les forteresses médiévales dans l'arrondissement, ne se comptent plus, enfin Daniel Schweitz auquel on doit une analyse des châteaux et forteresses en Val de Loire (dans un sens large) et de nombreuses contributions sur Lavardin et ses alentours. Ils escortaient trois spécialistes japonais de l'histoire médiévale envoyés par l'UNESCO.

C'est à Daniel Schweitz, familier des lieux qu'il a beaucoup fouillés, qu'est revenue la charge de faire faire la visite du château au petit groupe, grossi des conseillers municipaux et des Amis de Lavardin.

Quitte à simplifier les enseignements de cette nouvelle exploration conduite de bas en haut, l'on peut dire que cette forteresse dont la construction aurait été entamée vers 1080 (en même temps que celle de l'église Saint-Genest), qui couvre un site probablement occupé dès la protohistoire, et peut-être même auparavant, présente quelques caractéristiques  remarquables.

1. L'organisation de ses défenses tire le meilleur parti de l'étagement du promontoire utilisé sur trois niveaux, des premières enceintes et de la basse-cour au point culminant du donjon protégé par sa chemise en passant par le plan intermédiaire de "la tour du capitaine" ayant vue sur le village et l'entrée.

2. L'économie des moyens : non seulement la structure rocheuse a été retaillée mais les ressources ouvertes par la possibilité d'une architecture troglodytique ont été exploitées au maximum : gain de place et extraction de matériaux.

3. La forteresse présente donc un aspect qui lui est propre : l'échelonnement et la superposition de voies de circulation différentes, souterraines pour les hommes d'armes et les serviteurs, à l'air libre (escalier) pour la noblesse.

4. Les réaménagements successifs ont eu pour objet de perfectionner les défenses (renforcement de la protection du donjon, adoption de "machicoulis bretons" et création d'embrasures pour les armes à feu) et de rendre les conditions de séjour plus agréables.

Malheureusement pour Lavardin, l'adaptation à l'artillerie est demeurée plutôt embryonnaire (voir le château de Bonaguil dans le Lot-et-Garonne et, mieux encore, celui de Salses dans les Pyrénées-Orientales dont les travaux sont contemporains de la découverte de l'Amérique). La forteresse, si imposante fût-elle, était dépassée lorsque Henri de Navarre en fit le siège en 1590.

Même si les destructions qui se sont poursuivies ont rendu certains éléments peu lisibles, autorisant des hypothèses plutôt que des certitudes, grâce à son site et aux constructions qui ont survécues, même partiellement (le châtelet d'entrée, certaines parties souterraines, le donjon), la forteresse demeure l'une des plus impressionnantes qui soit.

Daniel Schweitz a accepté de revoir le guide actuellement diffusé.

Réouverture du château à partir du 1er mai. Ouverture jusqu'à fin mai tous les week-ends et jours fériés. De juin et jusqu'au week-end du Patrimoine, en septembre,tous les jours sauf le lundi.

Horaires pour toute la saison : 11h-12h; 14h-18h

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Avec Daniel Schweitz, près de la" tour du capitaine"

Avec Daniel Schweitz, près de la" tour du capitaine"

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