Les élus communautaires au travail

Les élus communautaires au travail

Au bout d'une année de fonctionnement de la Communauté Loir et Braye ( CCVLB), une observation s'impose à qui a fréquenté les réunions de l'ancien Pays de Ronsard : celles du nouveau conseil sont plus vivantes et animées; elles offrents souvent l'ocasion de véritables débats dans lesquels beaucoup n'hésitent pas à exprimer leur opinion , serait-elle minoritaire. On peut avancer des explications de deux ordres : le renouvellement de la composition du conseil après la fusion des communautés de Montoire et de Savigny et les élections municipales de l'an dernier d'un côté et celui des problèmes qui se posent à l'EPCI, de l'autre.

Le déroulement de la dernière réunion du conseil communautaire à Houssay, le 15 janvier, conforte cette observation avec l'examen du point de l'ordre du jour intitulé "Groupement de commandes : audit réorganisation intercommunale (hypothèses de fusion simple ou de fusion-transformation d'une ou plusieurs communautés de l'arrondissement de Vendôme)" A l'exception de la CCVLB, toutes les communautés de l'arrondissement ont déjà adhéré à ce groupement lancé et géré par celle de Vendôme qui "assure des charges de centralité au profit d'un territoire plus vaste que son périmètre".

Pour faire bref, suivant les scénarios retenus, compte tenu des contraintes géographique (l'arrondissement) et démographique ( 20 000 hab), l'ensemble des communes de l'arrondissement (70 729 hab. en 2011) gravitera autour de Vendôme sauf si les communautés de Loir et Braye et de Beauce-Gâtine (20314 hab.) restent à l'écart et fusionnent entre elles; le cadre serait soit une grande communauté de communes, soit une communauté d'agglomération. Pour faire encore plus bref, les conclusions de l'étude pourraient conduire à la résurrection du projet de très grande communauté mise en avant par Maurice Leroy, président du conseil général et député, en 2010-2011.

La première réaction, négative, est venue de Jean-Luc Nexon (Trôo). "Si je me réfère à l'intervention de Pascal Brindeau, président de la Communauté du Pays Vendômois, lors d'une récente réunion à Villavard, je crains que les conclusions de l'étude ne soient déjà contenues dans son libellé, à savoir l'option en faveur d'une communauté d'arrondissement alors que d'autres formes de coopération et de mutualisation sont envisageables. L'argent que nous allons mettre dans cette étude (19% de son coût) serait mieux employé ailleurs."

Gilles Strecker (Montoire) a abondé dans le même sens. "J'ajouterai qu'une grande communauté de communes ne me parait pas être un outil adapté à un territoire aussi vaste, entre autres du fait du problème de la gouvernance d'un "machin" dont le conseil comptera plus de 100 membres. Nous allons nous engager dans la voie de la disparition des derniers élus à posséder la confiance des gens, les élus municipaux. D'autres formes d'organisation territoriale permettant la mutualisation sont possibles." Un second vice-président, Michel Deniau (Epuisay), s'est également déclaré hostile à une "fusion imposée" de l'extérieur.

Les "communes nouvelles" évoquées

En face, Phlippe Mercier, président, Bernard Bonhomme et Jean-Claude Séguineau, vice-présidents, se sont relayés pour défendre la participation à l'étude. "La mutualisation avec Vendôme est nécessaire et déjà en route (instruction des permis de construire). Il existe de véritables enjeux concernant l'économie, la santé, le tourisme, etc. pour lesquels le cadre actuel est trop petit. De toute façon, nous n'en sommes qu'au stade d'une étude préliminaire qui permettra de savoir où l'on va; pour répondre à certaines craintes, il est d'ailleurs possible de demander le renforcement du volet consacré à la mutualisation et l'extension du travail au regroupement des communes ( les "Communes nouvelles") auquel certaines municipalités réfléchissent déjà."

Ces "poids lourds" ont reçu le renfort de Guy Moyer, maire de Montoire, naguère le principal opposant déclaré au projet de communauté unique. Celui-ci parait s'être converti, persuadé que le chef-lieu de canton "sera toujours un centre important" dans un ensemble dont la constitution est "inéluctable" et auquel des communes "qui n'ont plus rien" doivent adhérer. A tout le moins, " l'étude devrait permettre de savoir ce qui est pertinent et ce qui ne l'est pas." 

Le vote à main levée a donné les résultats suivants :

pour 33;

contre 7;

abstentions 3.

#réforme territoriale #communauté de communes #maurice Leroy #communes nouvelles #Vendôme #Montoire #Pascal Brindeau

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