Dans la vallée du Loir, près de Montoire, le manoir de la Chevalinière, fin XVème siècle

Dans la vallée du Loir, près de Montoire, le manoir de la Chevalinière, fin XVème siècle

A côté de ses grands sites et de ses monuments consacrés par l'histoire, le Bas-Vendômois en recèle quantités d'autres, moins connus que les premiers mais qui nous sont aussi précieux pour la compréhension du passé. Le manoir de la Chevalinière, que même quelques érudits ont confondu avec la Chanoinerie proche, est l'un de ces lieux. Pour le découvrir, il faut traverser la plaine qui prolonge le territoire de Saint-Martin des Bois vers le Loir en suivant la petite route qui va de la vieille  chapelle de la Madeleine (à l'ouest de Montoire) à Saint-Jacques des Guérèts. Comme les nombreux anciens fiefs du voisinage, la Chevalinière se dissimule derrière quelques bosquets. L'on ne connait pratiquement des origines médiévales de cette seigneurie qui relevait indirectement de Lavardin et détenait quelques droits sur l'église de Saint-Jacques des Guérèts. C'est sans doute à cette époque que remonte l'organisation générale de l'espace et la présence d'un élément défensif, les douves, dont le tracé, toujours visible, cantonne la place. Le fossé, large à l'époque de 6 à 8m renforçait une enceinte disparue dont les propriétaires actuels pensent avoir retrouvé quelques fondations. Nos guides nous ont fait imaginer le pont-levis qui permettait d'arriver à la basse-cour puis le pont dormant menant à l'espace noble qui contenait le logis ainsi qu'un pigeonnier (rasé) et deux bâtiments d'exploitation (remplacés par d'autres plus récents).

Tout ici est gazonné, ce qui met en relief le caractère rural d'un domaine resté simple et authentique. Couvert d'une haute toiture pentue, le logis fait voir de beaux restes d'architecture qui remontent à la reconstruction de la fin du XVème siècle. A gauche, quelques meurtrières, rappellent le caractère défensif du site. D'un côté et de l'autre, d' imposantes lucarnes à fronton triangulaire qui donnent du jour aux combles dominent les fenêtres à meneaux qui éclairent les pièces. Au centre de la façade est adossée une tourelle polygonale. La porte, surmontée d'un linteau orné d'une chimère sculptée donne accès à l'escalier à vis qui dessert les étages; si le départ est en pierre, par souci d'économie le haut a été construit en bois. "Voici la chambre seigneuriale qui a conservé sa garde-robe - nous a annoncé notre guide. Malheureusement, sans doute pour lui donner un caractère plus classique, l'on a fait disparaitre plus tard la décoration gothique de la cheminée monumentale dont le manteau est curieusement barré par une poutre; cette disposition semble indiquer que le plafond de la chambre a été surélevé. Par contre, le sol pavé de tommettes est resté en place."

Notre accompagnateur n'a pas manqué d'agrémenter cette visite de quelques précisions historiques : "A la fin du premier quart du XVIème, le fief appartenait à Jacques de Maubergeon avant d'échoir à sa veuve, Françoise Drouyn. En 1581, il fut le théâtre d'un parricide à peu près contemporain de quelques autres meurtres commis dans le voisinage à l'époque (notamment ceux impliquant des membres de la famille Ronsard) : son fils assassina le propriétaire des lieux d'un coup d'arquebuse et finit roué vif dans le bourg voisin de Trôo. Ce fief tomba, par la suite, entre les mains d'une lignée célèbre, les du Bellay, dont l'un des représentants, Claude, fut le chambellan de Gabrielle d'Estrée."

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