Le nouveau numéro de Charlie Hebdo

Le nouveau numéro de Charlie Hebdo

... terriblement touchés par ce qui vient de se produire. Oui, l'émotion ressentie dans toute la France et au niveau mondial est immense, à la hauteur de l'acte commis !

Des terroristes s'en sont pris à la liberté de penser, à la liberté de s'exprimer. Ils n'ont pas choisi n'importe quel journal. Charlie Hebdo occupe une place à part dans la presse française. Par sa pensée et sa manière de l'exprimer, il est le digne descendant de l'esprit français : celui que nous connaissons et que nous avons étudié en classe, celui d'un Molière qui dénonce dans ses pièces, avec pertinence, les dérives du pouvoir, de la religion, de l'humain !!!

Ces meurtriers ont choisi de s'en prendre à un symbole, celui de la libre pensée.

Cabu  (Jean Cabut), Georges Wolinski, Charb (Stéphane Charbonnier), Bernard Maris, Tignous (Bernard Verlhac), Honoré (Phlippe Honoré) étaient tous du "poil à gratter". Chaque semaine, ils trouvaient la tournure agaçante qui ne laisse pas indifférent pour soulever un problème de société, dénoncer une position politique ou parfois religieuse.. Le but était de faire réfléchir en souriant ou en riant et, par le rire, de faire passer un message. Quelle force et quel talent faut-il pour réussir cet exercice !

Pour comprendre cet humour, il faut un esprit ouvert. Il faut chercher à comprendre l'objectif et le message  véhiculé par le dessin. Il faut posséder les clefs qui permettent de comprendre.

N'est-ce pas là le problème, en fait ? Charlie Hebdo et ses journalistes font un travail qui n'est pas accessible à tous. Si les prises de position exprimées par les caricatures sont reçues au premier degré, elles semblent insulter. Pour aller au-delà et voir ce qui se cache derrière le jeu de mots souligné par le dessin, il faut avoir une connaissance déjà approfondie du sujet caricaturé.

Sans le Savoir, comment comprendre, comment analyser, comment partager une pensée humoristique ? Les assassins en sont restés au premier degré. Ils ne comprenaient pas, ils ne pouvaient pas comprendre car ils n'avaient pas les outils nécessaires. Ils s'arrêtaient aux apparences , à ce qui, mal compris, ne pouvait être, à leurs yeux, que volonté de blesser.

Alors, oui, j'ai envie d'utiliser un raccourci : notre société se trouve face à un grand risque. Sans l'école, sans les connaissances qui ouvrent à la culture générale, l'esprit se perd. Il est plus facile alors de l'endoctriner. Quand l'apprentissage n'a pas enrichi l'esprit, n'a pas donné les moyens d'analyser, de comprendre, mais aussi parfois de désapprouver et de pouvoir le dire en utilisant des mots et des idées, et si nécessaire, de le faire avec véhémence au travers de phrases fortes, le risque est de changer de vocabulaire et d'en arriver à utiliser celui des armes.

La semaine dernière, une grande forme d'intelligence a été abattue, détruite par des esprits faibles, vraisemblablement endoctrinés, manipulés et armés. La bêtise l'a emporté, à court terme, sur la pensée. Notre société civilisée est en danger.

La France, le pays des "Lumières" doit trouver le moyen de ne pas laisser sur le bord de la route des jeunes qui, sans les connaissances apportées par l'école, risquent de se perdre. Voilà le défi à moyen et long terme que nous devons relever pour que les conditions d'un tel drame ne se reproduisent pas !

                                                                     Guillaume Henrion (Sasnières)

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