Jeanne Spehar, Fabrice Gloux, David Abistor, Caroline Delbaere, les artistes invités à Lavardin

Jeanne Spehar, Fabrice Gloux, David Abistor, Caroline Delbaere, les artistes invités à Lavardin

Au pays de Ronsard, il eut été inconcevable que nous ne nous soyons pas intéressés à une société qui n'a pas craint d'emprunter son nom à cette ode élégiaque, l'œuvre sans conteste la plus célèbre du poète. "Mignonne allons voir...", comme sa dénomination de l'indique pas nécessairement, est une association sise à Lavardin. Elle apporte au village un surcroît d'animation, nouvelle et différente avec des activités variées : à la fois, elle tient un bistrot, elle organise des brocantes et des expositions, elle propose des spectacles ainsi que des concerts; ce n'est pas rien ! Son entrée en scène, l'été dernier, n'est pas passée inaperçue, la suite, un peu avant la mi-novembre, encore moins. Pour le coup, l'association a occupé la salle Saint-Genest, c'est-à-dire la grande salle de la mairie, dont l'architecture gothique a été mise à contribution pour mettre en valeur les œuvres présentées dans une atmosphère animée et festive.

Quatre artistes avaient répondu à l'appel. De Jeanne Spehar, certains connaissaient déjà un "Adam et Eve" exposé, il y a quelques temps à l'Office de tourisme de Montoire. L'artiste était venue de Fortan où elle s'est fixée et a installé son atelier. Elle a fréquenté les Beaux-Arts et l'Ecole du Louvre qui l'a manifestement influencée. " Je m'inspire des maîtres du XVIème et en particulier, de Bruegel dont je suis allée voir les tableaux à Vienne; en fait, je me situe entre l'ancien et le moderne ! " Ses dessins et ses huiles font voir de grands portraits en pied, soigneusement mis en scène dans un cadre onirique ou mythologique, pour lesquels ses proches ont souvent servi de modèle. Jeanne nous a fait part de ses ambitions : "Je compte proposer de la peinture en décor et des papiers peints artisanaux en édition limitée."

Fabrice Gloux était également venu de Fortan. Ce sculpteur qui se proclame volontiers disciple de Rabelais, dont il apprécie " la saine vigueur" est également attaché à l'expression de "la clarté française du XVIIIème" prolongée par Carpeaux. Après avoir fréquenté, lui aussi, l'Ecole du Louvre et entrepris des études littéraires, il a trouvé sa voie dans un art qui satisfait son "besoin de travailler la matière, de retrouver le réel", tout en étant "une école de l'humilité". S'il a beaucoup œuvré dans la décoration intérieure, Fabrice s'intéresse également à la restauration ou au moulage. Très éclectique, il est à l'aise avec tous les matériaux, du staff pour les encadrements ou les bas-reliefs, au laiton de pièces de récupération qu'il transforme en objets insolites.

David Abistor et Caroline Delbaere, eux, sont arrivés de la vallée de la Loire. David, qui possède des ancêtres persans est autodidacte. Ses instruments sont le crayon et la plume qui lui servent à construire de vastes compositions en noir et blanc, parfois autour d'une apparition centrale : celle-ci domine un univers plein comme un œuf, rempli de petits motifs répétés à l'infini ainsi qu'autant de briques; d'autres fois, ceux-ci suffisent seuls à constituer le tableau. "C'est à la suite d'un voyage en Inde à l'occasion duquel j'ai découvert l'ancienne sagesse tibétaine, que j'ai trouvé ma véritable inspiration. Je ne croque rien; il faut qu'un sujet me vienne, ne serait-ce qu'en rêve. Je suis devenu professionnel, il y a sept ans; je travaille pour une galerie qui présente mes œuvres aussi bien à Londres qu'à New-York, à Chicago ou à Paris."

Caroline Delbaere, installée à Sully-sur-Loire, est issue des Beaux-Arts de Bourges. "Il a fallu que j'en sorte vraiment ; cela m'a pris du temps pour me "déformater",pour abandonner la vision académique qui m'avait été inculquée. Je me suis tournée vers " l'art singulier" , en l'espèce la conception d'êtres de papier nécessairement fragiles mais réjouissants. Si les réalisations présentées ici sont de taille relativement modeste, d'autres sont plus imposantes comme les huit "Géants de Loire" créés avec et pour la population dont l'un a même vu le jour non loin à Saint-Amand Longpré. Je suis venue ici voir "le masculin de la Loire"; j'apprécie Lavardin, sa culture, son sens de la convivialité et de la citoyenneté." Le monde aérien des oiseaux tient une place importante dans l'inspiration de Caroline; l'un d'eux a même échangé sa tête avec celle d'un saint Genest décalé, une façon de rappeler la carrière de comédien du patron de la paroisse.

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